Quand Claire Désert se remémore son prof de piano : « Il m’a donné le goût du partage »

Quand Claire Désert se remémore son professeur de piano : « Il m’a donné le goût du partage »

Claire Désert, pianiste de renommée internationale, se souvient avec émotion de ses débuts en musique de chambre sous la tutelle de Jean Hubeau, alors qu’elle n’avait que 14 ans. Bien qu’elle ne soit pas encore la célèbre artiste qu’elle est aujourd’hui, elle avait déjà démontré un talent prometteur. Aujourd’hui, elle se produit sur les plus grandes scènes du monde, mais elle n’a jamais oublié l’enseignement précieux de Hubeau : le goût du partage.

Née en 1967 à Angoulême, Claire Désert commence le piano à l’âge de 5 ans. À 14 ans, elle intègre le Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSM), où elle perfectionne son jeu avec Ventsislav Yankoff et apprend la musique de chambre avec Jean Hubeau, élève de maîtres tels que Jean et Noël Gallon, Lazare Lévy et Paul Dukas.

Schumann, un héritage pour la vie

Claire Désert souligne l’impact de son professeur en déclarant : « C’est lui qui m’a mise sur la voie de Robert Schumann. » Elle est aujourd’hui reconnue comme l’une des interprètes les plus talentueuses de Schumann, ayant enregistré de nombreuses œuvres, notamment en collaboration avec le Quintette Moraguès. Son affection pour Schumann est telle qu’elle le considère comme « peut-être [son] compositeur de cœur ».

Jean Hubeau, bien que plus connu pour ses enregistrements de l’œuvre de Gabriel Fauré, était un grand admirateur de Schumann. Il a ouvert à Claire Désert un univers musical qui est devenu central dans sa carrière.

En 2001, elle collabore avec la violoncelliste Anne Gastinel pour interpréter plusieurs œuvres de Schumann. Entre 2007 et 2021, elle enregistre quatre disques consacrés à la musique de Schumann, incluant des pièces telles que les Davidsbündlertänze et les Études symphoniques.

Des rencontres déterminantes

Jean Hubeau a joué un rôle crucial dans la carrière de Claire Désert, lui permettant de rencontrer des figures clés du milieu musical, comme Michel Garcin, producteur chez Erato, et René Martin. Ces rencontres ont été déterminantes pour son développement professionnel. Actuellement, elle est co-directrice artistique du Festival international de piano de La Roque d’Anthéron.

Claire Désert, issue d’un milieu « pas du tout musical », a su intégrer les codes de la musique classique. Elle a même décroché une bourse pour étudier un an au conservatoire Tchaïkovski de Moscou, où elle a appris que la musique peut transcender les barrières linguistiques.

Un apprentissage par l’ouïe et par la vue

Claire Désert évoque l’approche pédagogique de Jean Hubeau, qu’elle décrit comme visuelle et intuitive. Elle se rappelle de ses mains et de son attention aux détails, notamment en ce qui concerne l’utilisation de la pédale. Son propre jeu, à la fois clair et dynamique, témoigne de l’influence de son professeur.

D’élève à professeure

Aujourd’hui, Claire Désert transmet à son tour son savoir à une dizaine d’étudiants chaque année au CNSM. Elle insiste sur l’importance du partage, un principe qu’elle a appris de Jean Hubeau. Elle ne se considère pas comme une enseignante traditionnelle, mais plutôt comme une guide pour ses élèves.

L’émotion de l’émergence d’un artiste

L’année dernière, l’un de ses élèves, Paul Lecocq, a remporté la première place du concours Clara-Haskil. Claire Désert a ressenti une grande émotion en le voyant s’épanouir en tant qu’artiste, dépassant son statut d’étudiant.

Paul Lecocq décrit Claire Désert comme une musicienne d’une grande intégrité, qui respecte le texte tout en permettant à ses élèves d’exprimer leur propre vision de l’œuvre.

Dans son espace de travail, Claire Désert partage sa vie avec Florent Boffard, également pianiste. Elle continue d’explorer le répertoire et de préparer de nouveaux projets musicaux.

À écouter

En 2025, Claire Désert a sorti un disque intitulé Pressentiment, qui débute avec la Sonate 1. X. 1905 de Leoš Janáček. Ce disque illustre son engagement envers une musique claire et sincère, en mettant en avant des œuvres de Brahms, Schoenberg et Schumann.

Source : La Croix

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