Cisjordanie : les violences des colons ont « dépassé le point de rupture »
La situation en Cisjordanie, particulièrement à Qusra dans le gouvernorat de Naplouse, est alarmante, selon le bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Depuis l’installation d’un avant-poste de colons en novembre 2025, les attaques se sont multipliées, incluant des intrusions dans les maisons, des agressions physiques, des actes de vandalisme, des vols et des incendies, notamment contre une mosquée.
En juillet, des colons ont coupé l’eau et l’électricité de trois habitations palestiniennes dans le secteur de Ras al-Ein. Le 9 août, ils ont bloqué l’accès aux maisons et installé une tente entre elles, piégeant trois familles, soit environ quinze personnes, dont au moins deux enfants. Ces familles ont été décrites par le HCDH comme étant « piégées chez elles dans un état de terreur, incapables de subvenir à leurs besoins fondamentaux ».
Des soldats israéliens accusés de collusion
Les familles ont sollicité l’intervention des forces de sécurité israéliennes, mais en vain. Le HCDH a rapporté que ces forces auraient également empêché l’accès aux secouristes, militants et journalistes. Des vidéos montrent des soldats israéliens priant aux côtés des colons, ce qui pourrait suggérer une collusion. Les soldats ont finalement démonté la tente, sans expulser les colons qui entouraient toujours les habitations.
Pour l’ONU, ces actes, commis par les colons avec le soutien des autorités israéliennes, visent à rendre la vie impossible aux familles palestiniennes afin de les contraindre à quitter leurs terres. « Le temps presse pour ces trois familles avant qu’elles ne soient déplacées de force », a averti le HCDH.
3.800 Palestiniens déplacés en 2026
Le HCDH rappelle qu’Israël, en tant que puissance occupante, a l’obligation de protéger la population palestinienne et de prévenir les attaques de colons. La Cour internationale de justice a jugé illégales toutes les colonies israéliennes et a exigé la fin de la colonisation.
La situation en Cisjordanie continue de se détériorer. Depuis le début de l’année, 76 Palestiniens, dont 18 enfants, ont été tués par les forces de sécurité israéliennes ou des colons. Environ 3.800 Palestiniens, dont près de la moitié sont des enfants, ont été déplacés en raison des violences, des démolitions et des expulsions. L’ONU a enregistré plus de 1.430 incidents de violence de colons en 2026, touchant environ 260 communautés palestiniennes.
Des violences contre les Palestiniens de retour à Gaza
Le HCDH a également signalé une augmentation des témoignages de Palestiniens revenant à Gaza, faisant état de violences, de menaces et de fouilles intrusives par des soldats israéliens. Entre le 7 juillet et le 4 août, des centaines de personnes ont décrit des trajets éprouvants et la confiscation de biens personnels. Ces violations font partie d’un schéma plus large de déshumanisation, selon Ajith Sunghay, chef du bureau des droits de l’homme de l’ONU dans le Territoire palestinien occupé.
Source : Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH)



