Il fut une époque où la jupe longue était imposée aux femmes et le pantalon interdit, à la fois par l’Eglise et par l’Etat. C’est ce que rappelle l’exposition « Quand la mode raconte la condition des femmes » au musée de Vire, en Normandie.
De belles propositions vous attendent au cours de l’été et à la rentrée au musée de Vire en Normandie, au château de Fontainebleau, au Centre national du costume et de la scène de Moulins, au Musée d’art religieux de Lyon et au Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine de Limoges. Suivez le guide.
« Sois belle. Quand la mode raconte la condition des femmes (1830-1914) » au musée de Vire Normandie
Sois belle: le titre de l’exposition renvoie aux injonctions d’une société exigeante envers les femmes. À cette immersion dans un univers de grâce et d’élégance s’ajoutent une réflexion sur la beauté et la perception des réalités que cachent des apparences parfaites. Sois belle et tais-toi résume deux injonctions faites aux femmes : charmer son entourage et rester en dehors des sujets sérieux.
L’exposition explore les racines de cette injonction à travers la mode des années 1830 à 1914. La sophistication de la garde-robe et les frivolités sont alors réservées au beau sexe. Cette spécificité, présentée comme un privilège, cache un impératif de beauté, sinon de féminité. Gestes, attitude et toilette doivent être cohérentes avec les attendus : il faut plaire tout en étant décente, montrer de frêles épaules, une poitrine saillante, une taille fine, un bassin large, des fesses rebondies. Ces stéréotypes réduisent les femmes à leur corps, justification de leur position sociale d’infériorité. Le Code civil promulgué en 1804 consacre leur mise sous tutelle juridique et économique. Destinées à la maternité et à la sphère privée, les femmes n’ont accès ni à l’Assemblée ni à l’université. Le vêtement est la traduction matérielle de cette sujétion. La jupe longue est imposée et le pantalon interdit, à la fois par l’Eglise et par l’Etat. L’histoire de la mode est le meilleur indicateur de la place des femmes dans la société française du XIXe siècle, et les artifices qui modifient, contraignent et exaltent la silhouette révèlent à quel point le corps des femmes est un sujet politique.
Sois belle. Quand la mode raconte la condition des femmes (1830-1914), au musée de Vire Normandie (square du Chanoine-Jean-Héroult) jusqu’au 1er novembre 2026.
« Marie-Antoinette de l’avant-garde à l’avant-scène. Costumes de scène créés par Christian Lacroix » au château de Fontainebleau
Lieu de résidence privilégié des souverains depuis la Renaissance, le château de Fontainebleau occupe une place singulière dans la vie et le règne de Louis XVI et de Marie-Antoinette. À l’occasion du Festival de l’histoire de l’art, dont le thème est la mode, le circuit de visite du château présente onze costumes de scènes issus des collections du Centre national du costume et de la scène.
Conçues pour l’opéra-comique Le Postillon de Longjumeau d’Adolphe Adam, ces créations signées Christian Lacroix évoquent toute la flamboyance du XVIIIe siècle. Les costumes ont été confectionnés dans les ateliers de costumes à Paris de l’Opéra-Comique et sont présentés sur des mannequins.
Marie-Antoinette de l’avant-garde à l’avant-scène. Costumes de scène créés par Christian Lacroix, au château de Fontainebleau jusqu’au 2 novembre 2026.
« Tous en scène ! 20 ans de collections » au CNCS de Moulins
Pour célébrer ses 20 ans, le Centre national du costume et de la scène (CNCS) met en avant ses collections. Depuis son ouverture en 2006, il a collecté et préservé 10 000 costumes provenant de la Comédie-Française, de l’Opéra national de Paris, de la Bibliothèque nationale de France et de dons d’institutions théâtrales et d’artistes. L’établissement a développé une programmation d’expositions mêlant approches historiques, focus sur les techniques et mises en scène spectaculaires, à travers des thématiques contemporaines.
Présentant plus de cent pièces emblématiques, le parcours de l’exposition invite à une immersion dans les coulisses du CNCS, à la découverte des secrets du processus d’acquisition et d’intégration des costumes. « Deux décennies après son inauguration, le CNCS confirme son statut de référence internationale, au croisement de la mémoire, de la création et de la transmission« , explique Delphine Pinasa, sa directrice.
Tous en scène ! 20 ans de collections, au Centre national du costume et de la scène à Moulins jusqu’au 3 janvier 2027.
« Sublimer l’étoffe. Artistes et créateurs de mode face au sacré » au Musée d’art religieux de Lyon
Coproduite par le Musée des tissus et des arts décoratifs et le musée de Fourvière à Lyon, l’exposition témoigne de la manière dont, au XXe siècle, des artistes se sont intéressés au textile, non seulement comme médium, mais comme support pour expérimenter leur forme en trois dimensions. Cette exposition retrace les collaborations, l’intervention des artistes et les nouvelles modalités de créations.
Sublimer l’étoffe. Artistes et créateurs de mode face au sacré, au Musée d’art religieux de Lyon (7-8 place de Fourvière) du 17 septembre 2026 au 3 janvier 2027.
« Sans contrefaçon/Anatomie d’un vêtement (2e séquence) » au Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine de Limoges
L’exposition, pensée en dialogue avec les collections, articule la présence du vêtement dans les pratiques de différentes générations d’artistes. Le projet se déploie en plusieurs séquences qui transformeront progressivement les espaces et les dialogues entre les œuvres jusqu’en août 2027.
Sans contrefaçon/Anatomie d’un vêtement (2e séquence), au Frac-Artothèque Nouvelle-Aquitaine de Limoges (17 bis rue Charles Michels) jusqu’en août 2027.
Source : Franceinfo



