Cinq délégations d'enfants privées du Village Copain du Monde :

Cinq délégations d’enfants privées du Village Copain du Monde : « C’est dramatique, c’est une situation qui n’est jamais arrivée »

Le 41e Village International Copain du Monde débute à Gravelines (Nord) avec l’absence de cinq délégations d’enfants, privées de visas. Une situation inédite qui impacte l’accueil, les activités prévues, et le travail associatif mené depuis plusieurs mois.

Organisé depuis vingt ans par le Secours Populaire, la Ville de Gravelines et les Éclaireuses Éclaireurs de France, le Village Copain du Monde rassemble chaque été des enfants entre 8 et 18 ans, venus de tous les continents pour vivre et partager des moments de fraternité, de solidarité et d’apprentissage du vivre-ensemble. Au cours du séjour, le village propose des activités sportives, des découvertes culturelles, et des animations.

Habituellement, le village accueille 180 enfants, mais cette année, la fréquentation chute drastiquement. « Nous devions recevoir 130 à 140 enfants. Finalement, ils seront 70 », informe Christian Hogard, fondateur du village. Les demandes de visas pour les délégations d’enfants de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, de la Turquie, du Maroc et des enfants Sahraouis vivant en Algérie ont été refusées, sans explication officielle. C’est une première depuis la création du village en 2005.

« Nous n’avons reçu aucune information », déplore Christian Hogard. Il a sollicité le ministère de l’Intérieur, le consulat de France à Oran, l’ambassadeur de France en Algérie, ainsi que d’autres autorités concernées par ce refus. « Nous avions demandé une audience téléphonique, et nous n’avons rien eu. Même pas un appel. »

D’après lui, la seule justification qui revient est la crainte que les accompagnateurs des enfants ne retournent pas dans leur pays. « S’ils répondent tout cela, c’est qu’il y a eu consigne partout dans les pays que l’on invite », indique-t-il, tout en précisant qu’aucun accompagnateur n’a jamais disparu à Gravelines. « Ils sont tous rentrés en temps utile. »

Ces refus de visa ont des conséquences importantes sur l’événement. « 80 personnes manquent dans un village, dans une organisation qui avait tout prévu », explique Christian Hogard. Les trousseaux achetés, ainsi que les sacs de voyage, représentent un budget de 180 € par enfant. La marchandise ayant été prévue pour 500 repas par jour tombe à 250 repas par jour, entraînant un surplus de marchandise difficile à redistribuer. « Cela veut dire que l’on va faire 5 000 repas de moins, en comptant le petit-déjeuner et le goûter », estime-t-il.

Pour limiter les conséquences, le village va accueillir vingt mineurs non accompagnés supplémentaires envoyés par l’ALEFPA (Association Laïque pour l’Éducation, la Formation, la Prévention et l’Autonomie). Les repas excédentaires seront redistribués aux migrants de Calais et de Loon-Plage. Malgré la colère face à la situation, l’équipe ne baisse pas les bras et reste positive : « Les enfants présents vont en profiter un maximum. Nous tenons à ce qu’ils en profitent au maximum. »

En attendant, l’équipe semble déterminée à obtenir des réponses. « Nous allons écrire au président de la République et nous aimerions que le sous-préfet de Dunkerque nous dise pourquoi », conclut Christian Hogard.

Source : France 3 Régions

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