Une plainte novatrice : cinq chauffeurs VTC portent plainte contre Uber pour traite d’êtres humains
Cinq chauffeurs de VTC ont déposé plainte, avec le soutien du syndicat FO INV, pour traite d’êtres humains contre l’entreprise Uber. Cette information a été confirmée par leur avocat, Maître Samir Kahoul, le 1er juillet 2026.
L’avocat a précisé que l’objectif de cette action judiciaire est de démontrer qu’il existe un acte de recrutement massif en vue d’exploitation. Selon lui, Uber recrute massivement des personnes précarisées, les rendant économiquement dépendantes. Les plaignants présentent des profils illustrant une exploitation des chauffeurs et une dégradation de leurs conditions de travail, avec des maladies récurrentes liées à leur métier, notamment des problèmes de santé mentale, d’arthrose et des troubles de la prostate.
Maître Kahoul a également souligné que la baisse de la rémunération sur la plateforme oblige les chauffeurs à rester connectés de 12 à 13 heures par jour, 7 jours sur 7, pour dégager un salaire. Il a noté que cette situation nuit à leur santé mentale et physique.
Cette plainte est qualifiée par l’avocat de « novatrice et ambitieuse », car elle concerne une infraction pour laquelle il existe peu de jurisprudence. Il espère qu’elle pourra susciter un débat public sur la question. Si le parquet de Paris décide de poursuivre, d’autres plaignants pourraient se joindre à l’action, y compris des chauffeurs ayant subi des problèmes de santé graves, tels que des AVC ou des crises cardiaques.
Uber a réagi en rejetant catégoriquement ces accusations, affirmant que les 65 000 chauffeurs utilisant sa plateforme sont des professionnels exerçant dans un cadre juridique strict, avec des droits et obligations. L’entreprise a également indiqué son engagement à améliorer les conditions d’activité des chauffeurs par le biais de négociations collectives.
En avril 2026, d’autres plateformes de livraison, telles que Deliveroo et Uber Eats, avaient déjà été visées par une plainte similaire pour traite d’êtres humains, marquant une première dans ce domaine.
Source : Franceinfo
