Cinq ans après des violences envers des mineurs, les policiers admettent qu’ils auraient « dû faire autrement »
Le procès qui s’est tenu le 1er septembre devant la 10e chambre correctionnelle de Paris a conduit à la condamnation de deux gardiens de la paix pour des manquements envers des mineurs isolés lors d’une intervention. Cela remet en question l’idée selon laquelle les forces de l’ordre agissent en toute impunité.
Les deux policiers, Patrick et Pascal*, attendaient ce moment depuis cinq ans. Bien que leur comportement ait été jugé exemplaire jusqu’au 28 août 2021, ils ont été reconnus coupables d’avoir utilisé des méthodes inappropriées lors d’une opération nocturne en août 2021.
Dans cette nuit, alors qu’ils intervenaient pour secourir des touristes victimes d’une agression, les deux policiers ont menotté et immobilisé deux adolescents sans titre de séjour, Abdelkader et Mahmoud, qui avaient été accusés d’agression. Les mineurs ont ensuite signalé des violences, l’un d’eux affirmant avoir été frappé au nez et avoir eu la cheville écrasée.
L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été sollicitée pour enquêter sur l’affaire, bien que les victimes n’aient pas porté plainte. Les images de vidéosurveillance ont montré des gestes violents de la part des policiers, confirmant les accusations. Patrick et Pascal ont finalement reconnu avoir agi de manière inappropriée, admettant qu’ils auraient dû garder leur calme.
Le vice-procureur, Erwan Rontard, a qualifié l’affaire de complexe, notant qu’il ne s’agissait pas de « bastonnade », mais de manquements par des policiers dont le pouvoir doit être justifié. Il a requis une peine de trois mois de prison avec sursis, soulignant que la police doit être exemplaire.
Le tribunal a condamné les deux policiers à deux mois de sursis, sans inscription au casier judiciaire. La partie civile a été déclarée irrecevable. Les deux hommes ont quitté le palais de justice soutenus par leurs collègues.
*Prénoms modifiés.
Source : Actu Juridique.

