Des « cicatrices cérébrales » chez les adolescents victimes de maltraitance infantile
Une étude récente révèle que les adolescents ayant subi des maltraitances durant leur enfance présentent des modifications persistantes dans certaines régions du cerveau, notamment celles impliquées dans les émotions et la mémoire. Ces résultats suggèrent que la maltraitance infantile est liée à des altérations durables du développement cérébral, ce qui pourrait accroître la vulnérabilité à divers troubles psychiques.
La maltraitance infantile inclut les abus physiques, sexuels et émotionnels, ainsi que la négligence. Elle représente un enjeu majeur de santé publique, avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signalant que six enfants sur dix, soit environ 400 millions d’enfants de moins de cinq ans, subissent régulièrement des châtiments corporels et/ou des violences psychologiques.
Les conséquences de la maltraitance sont bien documentées, étant reconnues comme des facteurs de risque pour de nombreux troubles psychiatriques, dont la dépression et les troubles du comportement. Malgré des études antérieures ayant mis en évidence des différences cérébrales chez les adultes ayant vécu des abus, peu de recherches se sont concentrées sur l’évolution de ces modifications au fil du temps chez les adolescents.
Pour approfondir ce sujet, une équipe de chercheurs Inserm, dirigée par Jean-Luc Martinot et Éric Artiges, a analysé les données d’une cohorte de 634 adolescents suivis entre 14 et 18 ans. Parmi eux, 105 avaient rapporté des violences subies avant l’âge de 14 ans. L’étude a utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour évaluer le volume de matière grise et l’activité cérébrale au sein du système limbique, essentiel pour la régulation des émotions.
Les résultats montrent un volume de matière grise plus faible dans le système limbique chez les adolescents ayant subi des maltraitances, sans évolution significative entre les âges de 14 et 18 ans. De plus, ces adolescents présentent des signes de dépression plus marqués et un risque accru de trouble de stress post-traumatique à 18 ans.
Ces résultats renforcent l’hypothèse selon laquelle les modifications cérébrales liées à la maltraitance infantile pourraient contribuer à une vulnérabilité accrue face à des troubles psychiques. Jean-Luc Martinot souligne la nécessité de développer des stratégies de prévention et d’accompagnement pour les adolescents à risque ayant subi des maltraitances.
Source : Inserm, communiqué de presse, 1er juillet 2026.
