Affaire Estrosi : Christelle d’Intorni porte plainte après des soupçons de campagne numérique clandestine
L’affaire de la tête de cochon, découverte devant le domicile de Christian Estrosi, prend une tournure plus complexe. Christelle d’Intorni, députée UDR et proche du maire Éric Ciotti, a saisi le procureur de Nice pour qu’une enquête soit menée sur plusieurs éléments révélés récemment par Nice-Matin. Sa plainte vise toute personne ou structure qui pourrait être impliquée dans cette affaire.
Au cœur des préoccupations de la députée se trouve l’existence présumée, durant la campagne municipale, d’une équipe travaillant en dehors de l’organisation officielle de Christian Estrosi. Cette équipe aurait géré des comptes sur les réseaux sociaux, se présentant comme des initiatives spontanées de citoyens ou de sympathisants. Selon les éléments de la plainte, leur véritable objectif aurait été de soutenir la candidature de Christian Estrosi tout en attaquant celle d’Éric Ciotti. Bien que ces actions puissent être légales, elles doivent être déclarées dans les comptes de campagne.
Un budget de 50 000 euros et des faux contenus dans le viseur
La députée réclame également une traçabilité d’une enveloppe de 50 000 euros, censée avoir été utilisée pour des campagnes publicitaires sur les plateformes de Meta. Plus alarmant, sa plainte évoque la possible création, via l’intelligence artificielle, de fausses vidéos et d’un enregistrement falsifié attribué à Éric Ciotti dans le but de le discréditer politiquement.
Cette affaire a conduit les deux adversaires politiques à revendiquer le statut de victime. Éric Ciotti a annoncé sa constitution de partie civile et estime que si les accusations sont vérifiées, cela pourrait constituer un scandale politique majeur. De son côté, Christian Estrosi nie toute implication. Ses avocats rappellent qu’une information judiciaire est déjà en cours et affirment que leur client est victime des agissements en question. Ils ont également déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse.
À l’origine de cette affaire, un événement marquant : le 27 février, une demi-tête de porc avait été accrochée aux grilles du domicile du couple Estrosi, accompagnée d’un tract électoral surmonté d’une étoile de David.
Source : Nice-Matin



