En Italie, le recul historique du chômage cache une autre réalité
En Italie, le taux de chômage a atteint un niveau historiquement bas de 5 %, selon les données publiées par l’Institut national des statistiques (Istat) le 2 juillet. Ce chiffre représente une diminution significative de 399 000 chômeurs par rapport à l’année précédente, plaçant l’Italie légèrement en dessous de la moyenne européenne qui s’établit à 5,9 % en mai.
Cette baisse du chômage, qui bat le précédent record de 2004, touche principalement les femmes. Parallèlement, le taux de chômage des jeunes a également connu une forte baisse, s’établissant à 15,1 % en mai, soit une chute de 7,3 points sur un an.
De plus en plus d’Italiens inactifs
L’Istat définit les chômeurs comme les personnes sans emploi âgées de 15 à 74 ans ayant effectué des démarches actives de recherche d’emploi dans les quatre semaines précédentes. Ainsi, l’indicateur du taux d’emploi, qui est calculé sur les 15 à 64 ans, a légèrement diminué de 0,1 point, atteignant 63 %. Ce recul est attribué à une augmentation du nombre d’Italiens devenus inactifs, avec 59 000 personnes supplémentaires en mai.
Cette situation n’est pas surprenante, étant donné que l’Italie possède la population la plus âgée d’Europe. Malgré un taux de chômage historiquement bas, le nombre total d’employés en Italie a diminué.
« Des écarts persistants »
Le taux d’inactivité, qui indique la proportion de personnes de 15 ans et plus ne participant ni à l’emploi ni au chômage, a également augmenté, atteignant 33,6 % de la population en mai. Ce chiffre révèle que 24,9 % des Italiens et 42,5 % des Italiennes sont inactifs. La hausse est particulièrement marquée chez les 15-24 ans, avec un bond de 4,4 % en un an. En revanche, l’inactivité a diminué chez les personnes de plus de 50 ans.
Un rapport préliminaire du Fonds monétaire international (FMI) a récemment exhorté le gouvernement italien à « combler les écarts persistants de participation au marché du travail, en particulier pour les femmes et les jeunes, ainsi que dans les zones géographiques en retard ».
Malgré ces défis, l’Italie se positionne mieux que la France, qui affiche un taux de chômage de 8,1 % au premier trimestre 2026, un niveau record depuis 2021, et un taux de chômage de 6,2 % pour la zone euro en mai, selon Eurostat.
Source : L’Express.
