Commentaire d’actualité09 Avril 2026
François ECALLE
Un choc pétrolier durable pourrait avoir des conséquences significatives sur les finances publiques françaises, exacerbant les risques liés à l’augmentation de la dette nationale. En effet, une hausse des prix des matières premières importées entraîne initialement une augmentation des recettes fiscales, notamment via la TVA. Cependant, cette situation est souvent suivie d’une hausse des dépenses publiques, souvent indexées sur ces prix, et d’un impact négatif sur l’activité économique, ce qui réduit à son tour le produit des prélèvements obligatoires.
En février 2026, le prix moyen d’un litre de supercarburant (SP95) était de 1,708 €, comprenant 0,670 € d’accises et 0,134 € de TVA sur ces accises. Une hausse de 10 % du prix hors taxes pourrait générer environ 0,8 Md€ de recettes supplémentaires pour l’État, les collectivités locales et la sécurité sociale, bien que la consommation de carburants diminue généralement de 2 à 4 % dans ce contexte.
Une étude de l’Insee indique qu’une hausse de 1 % des prix à la consommation pourrait accroître le produit des prélèvements obligatoires d’environ 3 Md€ (0,1 % du PIB) la première année, et de 6 Md€ (0,2 % du PIB) la deuxième année. Toutefois, cette inflation pourrait également entraîner une augmentation des dépenses publiques, notamment à travers les prestations sociales, dont le coût pourrait augmenter de près de 5 Md€ pour une hausse des prix de 1 %.
Le choc pétrolier pourrait également aggraver le déficit public. Une hausse de 25 $ du prix du baril de pétrole brut pourrait entraîner une baisse de 0,5 % du PIB en volume la deuxième année, aggravant ainsi le déficit public de 0,2 point de PIB. En conséquence, le solde primaire pourrait devenir négatif, nécessitant des mes de contrôle de la dette pour éviter une situation insoutenable.
Actuellement, la prime de risque sur les obligations du trésor français reste relativement faible, mais les marchés pourraient un jour estimer que la Banque Centrale Européenne ne pourra pas soutenir indéfiniment cette dynamique d’endettement. Ainsi, une augmentation significative de cette prime pourrait survenir si la perception du risque de défaut de paiement augmentait.
Pour éviter une aggravation de la situation, il est essentiel que les mes de soutien aux ménages et aux entreprises soient limitées, ciblées et temporaires, afin de maîtriser le poids de la dette publique sur l’économie française.
Source : FIPECO

