Le 2 juin 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État français dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Ce pesticide, hautement toxique, a été utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique de 1972 à 1993, malgré sa nocivité avérée. (rci.fm)
Cette législation vise à inscrire officiellement la dépollution des sols et l’indemnisation des victimes comme des objectifs prioritaires pour les autorités publiques. Bien que cette reconnaissance constitue une avancée significative, elle n’aboutit pas à une reconnaissance pleine et entière de la responsabilité de l’État, laissant subsister des interrogations quant à l’étendue de cette responsabilité. (rci.fm)
Le chlordécone a été autorisé en France en 1972, malgré des alertes sur sa toxicité dès 1969. Son utilisation a été prolongée jusqu’en 1993, malgré des interdictions internationales et des rapports scientifiques soulignant ses dangers. Cette persistance a conduit à une contamination généralisée des sols et des nappes phréatiques, affectant gravement la santé des populations antillaises. (lemonde.fr)
Selon Santé publique France, plus de 90 % de la population adulte des Antilles est contaminée par le chlordécone. Les conséquences sanitaires sont lourdes, avec des taux élevés de cancers de la prostate et d’autres pathologies liées à l’exposition à ce pesticide. (lemonde.fr)
Cette loi intervient après plusieurs années de débats parlementaires et de procédures judiciaires. En février 2025, le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Paris avait affirmé que « la faute de l’État est constituée dès l’origine » dans ce dossier. (lemonde.fr) Cependant, les indemnisations restent limitées, excluant notamment les femmes ouvrières malgré des effets sanitaires reconnus. (lemonde.fr)
Cette reconnaissance législative est perçue comme un premier pas vers la réparation des préjudices subis par les populations antillaises. Toutefois, de nombreux acteurs associatifs et politiques estiment qu’il est nécessaire d’aller plus loin, notamment en élargissant les indemnisations et en renforçant les mes de dépollution. Ils soulignent que la reconnaissance de la responsabilité de l’État doit s’accompagner d’actions concrètes pour réparer les dommages causés et prévenir de futures contaminations.
Highlights:
- Chlordécone : « La faute de l’Etat est constituée dès l’origine », affirme le rapporteur public, publié le Monday, February 03
- Chlordécone : les fautes caractérisées de l’Etat sont reconnues, les indemnisations limitées, publié le Tuesday, March 11
