Chlordécone : la HAS standardise le suivi médical en Guadeloupe et Martinique
Une étude récente de Santé Publique France, publiée le 24 juin, révèle une forte présence de chlordécone dans le sang des populations de Martinique et de Guadeloupe, plus de trente ans après l’interdiction de ce pesticide. Selon cette étude, 81,3 % des adultes en Guadeloupe et 85,5 % en Martinique présentent des niveaux détectables de chlordécone dans leur sang, sur un échantillon de 2 320 personnes.
En réponse à ces résultats, la Haute Autorité de Santé (HAS) a élaboré des recommandations pour standardiser le dosage de la chlordéconémie, c’est-à-dire la concentration de chlordécone dans le sang. Ces recommandations, publiées le même jour, visent les professionnels de santé et stipulent que la chlordéconémie reflète la charge corporelle au moment du prélèvement, influencée par l’exposition au cours des trois années précédentes. L’objectif est d’atteindre une chlordéconémie inférieure à la limite de détection.
Les recommandations incluent la prescription de dosages pour les enfants de moins de 7 ans vivant dans des zones contaminées, ainsi que pour les femmes enceintes et les couples ayant un projet de grossesse. Un suivi médical renforcé est également prévu pour les femmes enceintes présentant un taux détectable de chlordécone. De plus, une surveillance neurodéveloppementale annuelle est recommandée pour les enfants exposés avant l’âge de 7 ans.
La HAS préconise également un dépistage systématique du cancer de la prostate pour tous les hommes dès 45 ans, indépendamment de leur chlordéconémie. Il est précisé que la chlordéconémie n’est pas un indicateur de dépistage d’une maladie.
Ces mes visent à renforcer la surveillance et la prévention auprès des populations les plus exposées, dans un contexte où la contamination par le chlordécone continue de poser des défis de santé publique dans les Antilles.
Source : Santé Publique France, Haute Autorité de Santé
