Chimiothérapie par 5-FU : des recommandations pour l’adaptation des doses
L’Institut National du Cancer (INCa) a récemment publié un avis d’experts visant à encadrer l’adaptation des doses de chimiothérapie à base de fluoropyrimidines, notamment le 5-FU et la Capécitabine, pour les patients présentant un déficit en enzyme DPD. La participation de l’association RoseUp à la relecture de ce document souligne son importance pour prévenir les toxicités graves.
Chaque année, environ 80 000 patients en France reçoivent ces traitements, utilisés principalement pour les cancers digestifs, ORL et certains cancers du sein. L’élimination de ces médicaments dans l’organisme dépend de l’enzyme DPD. Cependant, entre 3 et 9 % de la population souffre d’un déficit partiel de cette enzyme, et jusqu’à 0,5 % d’un déficit complet, entraînant un risque d’accumulation du médicament et de toxicités sévères, potentiellement mortelles. C’est pourquoi un dépistage sanguin de l’uracilémie est obligatoire depuis 2019 avant toute première administration de 5-FU ou de Capécitabine.
Jusqu’à présent, il n’existait pas de texte national précisant comment adapter la dose de chimiothérapie en fonction des résultats de ce dépistage. L’avis de l’INCa, publié le 9 septembre, apporte des éclaircissements cruciaux.
Les points clés de cet avis incluent :
Pas de traitement sans test préalable : Aucune situation d’urgence clinique ne justifie de débuter un traitement sans avoir reçu au préalable le résultat de l’uracilémie. Cette règle vise à protéger les patients contre des effets indésirables graves.
Adaptation des doses dès le premier cycle : Le document établit une grille d’adaptation posologique en fonction du niveau de déficit :
- Déficit partiel (uracilémie entre 16 et 150 ng/mL) : réduction des doses initiales par paliers et suppression du bolus de 5-FU.
- Déficit complet (uracilémie ≥ 150 ng/mL) : le traitement standard est contre-indiqué et peut être envisagé à dose réduite sous surveillance étroite.
- Réajustement progressif : possibilité d’augmenter la dose aux cycles suivants selon la tolérance clinique.
Suivi Thérapeutique Pharmacologique (STP) : L’avis souligne l’importance de ce dosage sanguin pour ajuster les doses de 5-FU en cours de traitement, bien que son utilisation soit encore limitée par un manque de matériel adapté dans de nombreux centres.
Malgré ces avancées, RoseUp continue de plaider pour des mes supplémentaires, notamment la formation des pharmaciens sur les risques liés à la Capécitabine, la sensibilisation à l’existence d’un antidote en cas de surdosage, et le respect strict des réglementations entourant le dépistage.
Avant de commencer un traitement par 5-FU ou Capécitabine, il est crucial de vérifier que le dosage sanguin d’uracilémie a bien été réalisé et que les résultats ont été communiqués.
Source : Institut National du Cancer (INCa)

