Chicoutimi : quand la fatigue électorale s’installe
SAGUENAY – Au centre de loisirs Joseph Nio, dans l’arrondissement de Chicoutimi, des passionnés de pétanque se réunissent pour un repas célébrant la fin de la saison. Au cours de la soirée, la conversation dérive inévitablement vers la politique. En effet, les Saguenéens ont été appelés aux urnes à cinq reprises au cours des 18 derniers mois, rendant le vote presque un sport national.
Les élections se sont succédé : l’élection fédérale qui a vu l’émergence de Mark Carney, une partielle provinciale suite au départ de la ministre Andrée Laforest, une élection municipale, une partielle au fédéral pour remplacer Richard Martel nommé au Sénat, et enfin, les élections générales québécoises.
Les électeurs semblent éprouver des difficultés à s’y retrouver. Yolande Lapointe, une électrice, déclare : « On commence à avoir notre voyage en sacrifice du votage, nous autres-là, c’est mélangeant. »
Les pancartes électorales se mélangent, et des voix comme celle de Jean-Marc Bélanger expriment une lassitude face à cette succession d’élections : « J’étais déjà tanné la première fois ! »
Pierre Turcotte, professeur de science politique au Cégep de Jonquière, évoque une « fatigue électorale » palpable dans la région. Selon lui, la complexité croissante des enjeux politiques et les erreurs d’interprétation qui en découlent ajoutent une couche d’incompréhension.
Le Saguenay-Lac-Saint-Jean, traditionnellement considéré comme un bastion souverainiste, fait face à des enjeux économiques importants, notamment la guerre commerciale avec les États-Unis, qui affecte l’aluminium et l’industrie forestière. Turcotte note que cette situation pourrait désavantager le Parti québécois, qui espère remporter les cinq circonscriptions de la région.
Il n’exclut pas que les électeurs puissent se tourner vers la Coalition avenir Québec (CAQ) pour cette élection. Christine Fréchette pourrait potentiellement obtenir deux sièges dans la région, selon ses analyses.
Cette série d’élections et la complexité des enjeux semblent avoir un impact sur l’engagement des électeurs, posant la question de l’adhésion politique dans un contexte de fatigue électorale croissante.
Source : Radio-Canada


