Chartreuse : les vaches quittent un pâturage en raison de la pénurie alimentaire et hydrique

<p class="article__intro">La sécheresse a écourté l'estive d'un mois cette année sur certains alpages de Chartreuse, un massif pourtant réputé pour sa ressource en eau. En raison des conditions climatiques extrêmes de cet été, les vaches sont redescendues plus maigres qu'en temps normal.</p> <p>Les cloches des génisses résonnent au col de la Charmette, un son inhabituel pour cette période : en temps normal, les vaches redescendent des pâturages fin septembre. Cette année, les éleveurs ont choisi de redescendre leur cheptel le 29 août en raison du manque de ressources en altitude.</p> <p>Jean-Luc Feugier, éleveur retraité, participe à la descente des génisses depuis un alpage qu'il a contribué à construire dans les années 80. Il témoigne : "Jamais vu une descente aussi précoce, l'alpage, cette année, c’est une catastrophe, on n’en parle même pas." Sylvain Monnet, éleveur à Saint-Geoires-en-Valdaine, renchérit : "D’habitude, en Chartreuse, on est gâtés par les orages, cette année, on est passés à côté. Et on ne peut pas monter du foin là-haut." En tout, 221 bêtes ont rejoint la vallée précocement ce samedi.</p> <p>Les conditions ont été rudes pour les génisses. "Manque de nourriture, manque d’eau, mais le plus grave, c’est la nourriture," résume Quentin Feugier, éleveur à Saint-Joseph-de-Rivière. Quand l'herbe se raréfie, les problèmes se multiplient. "Elles montent au ras des falaises pour se nourrir et ça devient dangereux, donc on a pris la décision de les descendre pour limiter les incidents et nourrir les animaux en bas. On a eu quelques pattes cassées," explique-t-il. Bien qu'il souhaite "rester optimiste", il ne sait pas encore si cette descente précoce nécessitera l'achat de plus de fourrage que prévu pour passer l'hiver.</p> <p>Une fois arrivées sur la route, les vaches subissent un contrôle sanitaire pour s'asr qu'elles ne reviennent pas vers la ferme avec des maladies. C'est également le moment de la pesée. "Les bêtes n’ont pas trop grossi, entre 0 et 8 kilos, alors que la croissance normale est de 50 à 60 kilos en temps normal sur l’été," observe Gisèle Eldin, ancienne présidente de l'alpage. Ce manque d'engraissement s'explique par la chaleur et la sécheresse, qui ont ralenti la croissance de l'herbe.</p> <p>Tous les éleveurs soulignent que la pratique de l'estive est subventionnée, rendant cette descente précoce moins catastrophique économiquement pour eux, dans l'immédiat. Cependant, si les conditions climatiques extrêmes se multiplient, "il va falloir réfléchir à nos surfaces, adapter la ressource fourragère," anticipe Sylvain Monnet, ajoutant : "On ne peut pas passer deux années comme ça."</p> <p>Cette situation affecte l'ensemble de la chaîne de production du lait de montagne. Face à la sécheresse, le gouvernement a assoupli les règles de production de fromages comme le beaufort, l'abondance et le comté, permettant aux producteurs de conserver leur appellation d'origine protégée (AOP) même si la part de fourrage est plus importante dans l'alimentation des bovins.</p>

Source : France 3 Régions

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