Chapelle Darblay : L’offre de reprise de Matthieu Pigasse rejetée, un frein énorme au redémarrage de la papeterie normande
Le tribunal de commerce de Toulouse a rejeté, le lundi 27 juillet 2026, l’offre de reprise du banquier d’affaires Matthieu Pigasse pour le groupe Fibre Excellence. Cette offre devait permettre la gestion de la papeterie Chapelle Darblay en Seine-Maritime, marquant un nouveau choc pour le site normand, fermé depuis six ans et prêt à redémarrer depuis janvier.
L’avenir de la papeterie de Grand-Couronne est à nouveau incertain. Le projet de reconversion du site, à l’arrêt depuis 2019, était en grande partie en jeu ce lundi matin, à 800 kilomètres de là, à Toulouse. Le tribunal de commerce a rejeté l’offre de Matthieu Pigasse pour Fibre Excellence, l’entreprise qui devait gérer l’usine normande. Par ailleurs, le site de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône a été liquidé, tandis que celui de Saint-Gaudens a obtenu un sursis de deux jours.
Cyril Briffault, délégué syndical CGT, a déclaré : « Pour Chapelle Darblay, c’est un frein énorme au redémarrage. » Fibre Excellence s’était engagée sur le site normand en 2022, en collaboration avec Veolia, après la préemption de la Métropole Rouen Normandie. La stratégie prévoyait que la pâte produite à Saint-Gaudens et Tarascon alimente Grand-Couronne, qui devait fabriquer du papier ondulé, en plus du papier recyclé déjà produit.
En juin 2025, l’État avait promis un soutien de 52 millions d’euros. Selon la CGT, tout semblait pratiquement bouclé en janvier dernier. Briffault a précisé : « L’histoire de Chapelle, c’était de prendre de la pâte de Saint-Gaudens et de Tarascon pour fabriquer une nouvelle sorte de papier, tout en continuant à recycler du papier déchet. »
La CGT considère cette décision comme un coup dur pour la filière papetière française, qui comptait plus de 10 000 emplois liés au groupe, incluant forestiers et sous-traitants. De plus, près de 600 salariés de Fibre Excellence risquent d’être licenciés dans les 15 jours.
Le site normand, s’étendant sur 33 hectares, dispose de machines à papier et d’une chaudière biomasse entretenue depuis six ans. Briffault a souligné : « Il y a largement des choses à faire. Chapelle est à l’arrêt, mais une Chapelle qui tourne pourrait contribuer au budget des écoles de la ville voisine. »
Près de sept ans après la fermeture, Briffault souhaite se remettre autour de la table pour explorer d’autres solutions, tout en priorisant les salariés du sud. Il a conclu : « Ça fait bientôt sept ans qu’on travaille à essayer de la sauver, et nous n’avons pas été beaucoup aidés par le gouvernement. L’histoire n’est pas forcément finie, mais c’est un sacré coup dur ! »
Le tribunal de commerce de Toulouse se réunira à nouveau le mercredi 29 juillet pour examiner une offre déposée par un industriel anonyme concernant le site de Saint-Gaudens, décision qui pourrait influencer l’avenir du projet normand.
Source : France 3 Régions
