Une Méditerranée chaude, mais pas encore de canicule marine sur le littoral catalan
La température de la Méditerranée a été mesurée à 24,25 °C le 23 juillet 2026 sur la Côte vermeille, atteignant 26,27 °C entre Torreilles et Argelès, et même 27,28 °C à Canet-en-Roussillon. À presque mi-parcours de la saison estivale, Pascal Romans, biologiste marin à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, fait le point sur l’état de la mer Méditerranée au large du littoral catalan. Il aborde la pollution, les canicules marines et les impacts environnementaux.
À l’Observatoire, connu auparavant sous le nom de Laboratoire Arago, les professionnels suivent l’évolution des fonds marins. « Nous sommes aussi attentifs aux canicules marines et aux phénomènes de pollution. Mais cette année, c’est, pour l’instant, relativement restreint », indique Pascal Romans. Il souligne que la pollution est souvent liée à des débordements d’eau des stations d’épuration, mais l’absence de pluie a limité ces incidents. Bien que deux plages aient été temporairement fermées début juillet, il précise que cela ne traduit pas une mauvaise qualité générale de l’eau, mais plutôt des phénomènes localisés.
Concernant les températures, la situation actuelle ne permet pas de parler de « canicule marine ». À Canet-en-Roussillon, la température de l’eau a atteint 26 °C, tandis que la moyenne se situe entre 24 et 26 °C. « La mer est très agitée, ce qui favorise un brassage de l’eau, notamment en profondeur, permettant qu’elle reste fraîche », explique Romans.
Un risque environnemental se pose lorsque la température de l’eau dépasse 28 °C en surface et atteint 20 °C au large, alors que les valeurs normales se situent entre 13 et 15 °C. Ces températures extrêmes menacent certaines espèces marines, notamment les éponges et le corail rouge, impactant leur reproduction et augmentant les taux de mortalité. Cependant, Romans note que cet été, ce sont surtout les zones à l’est de la Méditerranée qui semblent être affectées.
Le mois de juillet 2026 est jugé « atypique ». La qualité de l’eau ne présente pas de préoccupations majeures, ce qui pourrait être lié à une fréquentation touristique modérée et à une gestion efficace des stations d’épuration. Toutefois, la pollution due aux crèmes solaires et aux microplastiques demeure une préoccupation croissante pour l’environnement marin.
En conclusion, bien qu’aucun événement alarmant ne soit signalé pour l’instant, les experts restent vigilants. « Tout peut changer en un instant », avertit Pascal Romans, en attendant l’évolution de la situation au mois d’août.
Source : L’Indépendant
