On est assommé par la chaleur : au Plan d’Aou à Marseille, des locataires interdits de climatisation

Les locataires de la résidence « Les terrasses de la Méditerranée » au Plan d’Aou (Marseille 15e) sont confrontés à des conditions de vie difficiles. En dépit des vagues de chaleur qui se succèdent, ils ont formellement interdiction d’installer des climatiseurs. Le bailleur CDC Habitat justifie cette interdiction par le règlement de la copropriété, qui vise à protéger les façades des bâtiments.

Exposés plein sud, les immeubles de trois étages ne bénéficient d’aucune brise marine. Les rares espaces verts sont asséchés par le soleil, et les températures dépassent régulièrement les 40 degrés dans les appartements situés au rez-de-jardin. Sabrina, une résidente, témoigne : « Je sors juste étendre mon linge quelques minutes, mais je rentre vite, je ne tiens pas avec cette chaleur. À l’intérieur, c’est terrible, les ventilateurs sont inefficaces, sans clim, impossible de tenir. »

Dans un immeuble voisin, Gérard exprime son désespoir : « On crève littéralement. J’ai quatre ventilateurs chez moi, et on étouffe quand même. C’est mal isolé ici. En hiver, on crève de froid, en été, on meure de chaud. » Il souligne également le coût exorbitant de ses factures d’électricité.

Marie-Jo, 82 ans, se trouve également dans une situation précaire. Malgré l’ombre de sa fenêtre, la température de son logement atteint déjà 29 degrés à 11 heures. « Le pire, c’est vers 18 heures. On est assommé par la chaleur. Je suis obligée d’aller me coucher. Mais avant cela, je prends une douche et je vais m’allonger encore mouillée, » raconte-t-elle. Ses nuits sont hachées par la chaleur, et elle se lève toutes les deux heures pour se rafraîchir.

Le bailleur CDC Habitat précise que les demandes d’installation de climatisation sont examinées au cas par cas, en tenant compte des contraintes techniques et réglementaires. Toutefois, certains résidents, face à l’urgence de la situation, ont déjà pris l’initiative d’installer des climatiseurs sans attendre les autorisations.

Marie-Jo critique cette situation en soulignant que « ce n’est pas un inconfort, c’est une mise en danger de mort. La chaleur peut tuer. » La question de la préservation des façades est alors mise en balance avec la santé des résidents.

Source : ICI Provence.

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