Sportifs et réseaux sociaux : une certification pour clarifier les partenariats commerciaux
Un athlète peut-il publier une photo sur Instagram avec son survêtement Adidas offert par son équipementier sans indiquer qu’il s’agit d’un cadeau ? Une joueuse de tennis peut-elle exhiber des bijoux d’une grande marque à Roland Garros sans mentionner qu’il s’agit d’une collaboration ? Pour répondre à ces interrogations, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) et l’Insep ont annoncé, le 29 juin 2026, l’instauration d’une « certification en influence responsable » destinée aux sportifs de haut niveau.
Les sportifs ne sont plus seulement des compétiteurs ; ils sont devenus des « acteurs médiatiques et économiques à part entière, dont les prises de parole sur les réseaux sociaux s’inscrivent dans des logiques de création de contenu et de partenariats avec les marques ». Selon l’ARPP, au premier semestre 2026, 3 750 créateurs français spécialisés dans le sport ont publié plus de 15 000 contenus mentionnant une marque du secteur sportif.
Ce projet a émergé d’une collaboration initiée fin 2025 entre l’ARPP, l’Insep, l’agence Sport 1.5, et une trentaine de sportifs de diverses disciplines. Pour incarner ce dispositif, l’ARPP a sélectionné la sabreuse Sara Balzer, qui compte plus de 164 000 abonnés sur Instagram et collabore avec Adidas et Messika.
Ce dispositif s’inscrit dans la continuité du Certificat de l’influence responsable, créé par l’ARPP en septembre 2021 pour tous les créateurs de contenu travaillant avec des marques. Plus de 700 influenceurs, dont l’ex-Miss France Iris Mittenaere et le voyageur Bruno Maltor, ont déjà obtenu ce label. Cependant, une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) révèle que six influenceurs sur dix ne respectent pas la réglementation sur la publicité et les droits des consommateurs.
Pour obtenir la certification, les sportifs doivent suivre une formation de quatre heures sur les règles juridiques et déontologiques encadrant ces collaborations. Une fois validée, l’athlète sera répertorié dans les profils certifiés de l’ARPP, une distinction qu’il pourra mettre en avant sur ses réseaux sociaux pour renforcer la confiance des marques et de ses abonnés.
Source : ARPP
