Les faux-monnayeurs de la cen

Les Faux-Monnayeurs de la Cen : Un Rapport Sénatorial Suscite des Réactions Émotionnelles

Le rapport du Sénat sur les « zones grises de l’information », adopté le 8 juillet, a provoqué des réactions vives, notamment au sein de l’extrême droite et de certains médias conspirationnistes. Ces derniers évoquent une possible « cen » à venir, avec des annonces telles que celle du média France-Soir, qui parle d’une « régulation-cen » prévue avant 2027 et d’un potentiel « ministère de la Vérité ». D’autres, comme Boulevard Voltaire, affirment que les sénateurs souhaitent « traquer, supprimer et punir » les voix dissidentes.

Des figures publiques, comme Alexis Poulin, expriment des craintes de dérives totalitaires, tandis que Béatrice Rosen souligne l’influence d’un « petit groupe organisé d’anti-démocrates déguisés en centristes ». Marion Maréchal va jusqu’à déclarer que « les régimes totalitaires rêvent de ce texte ».

Ces réactions partagent une tendance à déformer la nature du rapport. Il est fondamental de rappeler qu’un rapport d’information n’est ni une loi, ni une proposition de loi, mais un document qui compile des constats et propose des recommandations pour discussion. Notamment, la Journalism Trust Initiative (JTI), qui est souvent au centre des débats, n’est pas incluse dans les cinquante-six recommandations du rapport. Celui-ci en examine pourtant les avantages et les limites, tout en soulignant que le débat doit continuer.

Lancée par Reporters sans frontières en 2018, la JTI ne s’attache pas aux opinions, mais se concentre sur les méthodes de production de l’information, l’indépendance éditoriale et les conflits d’intérêts potentiels. Plus de 2 600 médias dans 135 pays se servent de ce référentiel, qui est validé par un organisme indépendant après audit.

Il est crucial de maintenir une vigilance constante. Les définitions juridiques de la désinformation, la création d’observatoires des manipulations internes, et l’invisibilisation de comptes nécessitent des critères publics, un contrôle judiciaire, et des recours accessibles. Cependant, le bruit autour de la « cen » détourne l’attention des véritables mécanismes qui régulent la visibilité médiatique et la distribution des revenus publicitaires.

Les faux-monnayeurs de l’information ne se contentent pas de produire des récits. Ils manipulent des mots tels que « résistance », « dissidence », « vérité interdite », et « cen », leur conférant une valeur qui peut sembler authentique. André Gide l’avait bien compris : tant que la fausse pièce n’est pas reconnue pour ce qu’elle est, elle conserve sa valeur.

Source : Rapport du Sénat sur les « zones grises de l’information ».

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *