À l’ONU, célébrités et diplomates ouvrent la grand-messe des droits des femmes

À l’ONU, célébrités et diplomates ouvrent la grand-messe des droits des femmes

New York, 8 mars 2026 – Lors de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l’actrice américaine Anne Hathaway a donné le ton d’une journée mêlant spectacle et politique. Ambassadrice de bonne volonté pour l’agence onusienne ONU Femmes, elle a souligné le paradoxe d’un moment historique où les avancées en matière d’égalité semblent à la fois réelles et fragiles. « Il est difficile de supporter l’idée que la distance entre la promesse de l’égalité et l’expérience réelle de celle-ci reste encore si grande pour tant de femmes et de filles », a-t-elle déclaré.

Cette cérémonie a précédé l’ouverture de la 70e session annuelle de la Commission de la condition de la femme, qui se prolongera jusqu’au 19 mars. Pour marquer l’événement, la chanteuse Michelle Williams a interprété son titre « Fearless », rendant hommage à la résilience des femmes à travers le monde.

Des droits encore loin d’être égaux

Derrière le spectacle, le message des intervenants était préoccupant. Le thème central de cette édition, l’accès à la justice pour les femmes, reste profondément inégal. ONU Femmes a averti : « Lorsque la justice échoue, ce sont les femmes qui en paient le prix ». Environ la moitié des pays ne disposent pas de définitions du viol fondées sur le consentement, et trois quarts des États continuent d’autoriser le mariage des enfants, privant ainsi de nombreuses jeunes filles de leur éducation.

La présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, a posé un diagnostic sévère : « Après 70 sessions de la Commission et 30 ans après la Déclaration de Pékin, la question n’est plus de savoir si les droits des femmes sont pertinents, mais pourquoi n’avance-t-on toujours pas ? ». Elle a rappelé que les femmes ne disposent à l’échelle mondiale que des deux tiers des droits juridiques accordés aux hommes et que les trois quarts des élus dans le monde sont des hommes.

« Un système de ségrégation et de domination »

Malala Yousafzai, militante pakistanaise et prix Nobel de la paix, a évoqué des crises touchant les enfants à travers le monde, en particulier en Afghanistan, où les droits des femmes et des filles ont été drastiquement restreints depuis le retour des talibans au pouvoir. Elle a dénoncé un « système de ségrégation et de domination », appelant la communauté internationale à reconnaître cette situation comme un « apartheid de genre ».

Une bataille juridique mondiale

La Commission de la condition de la femme, créée en 1946, est l’enceinte principale pour débattre des normes internationales sur les droits des femmes. Le thème de cette 70e session englobe la réforme des lois discriminatoires et l’accès aux tribunaux. L’avocate équatorienne Ljubica Fuentes a témoigné des violences sexistes qu’elle a subies, posant la question : « Qui peut dire combien de femmes ont quitté l’école à cause de la violence ? ».

En ouvrant les travaux, Maritza Chan Valverde, présidente de la session, a souligné l’importance de l’accès à la justice, le qualifiant de « pierre angulaire de la dignité, de l’autonomisation et du progrès ».

Transformer les promesses en action

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a mis en garde contre la reproduction des discriminations au niveau numérique, en rappelant que les avancées en matière de droits des femmes restent fragiles. « Derrière chaque statistique, il y a une vie », a rappelé Maritza Chan Valverde, appelant les dirigeants à transformer les discours en actions concrètes.

Source : ONU Femmes

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