Capoeira : un art global au-delà des idées reçues

Capoeira : Un Art Global au-delà des Idées Reçues

À l’occasion de la Journée mondiale de la capoeira, célébrée le 3 août, cette discipline souvent méconnue mérite une attention particulière. Bien au-delà des démonstrations acrobatiques, la capoeira place l’humain au cœur d’un jeu où il n’y a ni victoire ni défaite.

Actuellement, de nombreux pratiquants se retrouvent dans les rues des villes de la Côte d’Azur lors des chaudes soirées d’été, apportant un souffle brésilien dans les terrasses de cafés ou de restaurants. Danse, sport, combat ? Que savons-nous vraiment de la capoeira, inscrite depuis 2014 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO ?

La capoeira demeure une discipline largement méconnue, où mouvement, musique et chant forment un ensemble indissociable. Dans cet espace, au sein de la roda, le corps devient un véritable langage.

Née au Brésil dans le contexte de l’esclavage, la capoeira a évolué pour contourner la répression en intégrant des gestes de combat dissimulés dans des mouvements rythmiques, soulignant ainsi sa proximité avec la danse. Longtemps interdite puis marginalisée, elle a été pratiquée clandestinement avant de gagner en reconnaissance à partir des années 1930.

Au centre de la roda, cercle formé par les pratiquants, deux joueurs s’affrontent sans notion de victoire ou de défaite, tandis que le reste du groupe accompagne le jeu en musique, créant une énergie collective. Ce cercle constitue le cœur de la capoeira : un espace où le jeu, la musique et l’interaction sociale se construisent en temps réel.

Selon Passarhino, professeur et représentant international d’ABADÁ-Capoeira sur la Côte d’Azur, la capoeira s’articule aujourd’hui autour de trois styles, chacun partageant une histoire commune et un même esprit de transmission :

  1. Capoeira Angola : Considérée comme la forme la plus traditionnelle, elle privilégie un jeu lent et stratégique, mettant en avant la ruse et le dialogue entre joueurs.

  2. Capoeira Regional : Créée dans les années 1930 par Mestre Bimba, elle introduit un jeu plus rapide et codifié, ainsi qu’une méthode d’enseignement structurée.

  3. Capoeira ABADÁ : Développée à partir de 1988, elle se distingue par une pratique dynamique et technique, tout en mettant l’accent sur la musique et la transmission.

La capoeira intègre également une forte dimension musicale et artisanale, avec des instruments traditionnels comme le berimbau, l’atabaque ou le pandeiro, accompagnant des chants brésiliens. L’apprentissage du portugais fait partie intégrante de cette pratique, permettant de transmettre la culture de la capoeira au plus près de ses origines.

Les passages de grade se déroulent lors des batizados, des cérémonies rythmées par la musique et la roda. Dans sa pratique, le corps s’exprime, l’esprit anticipe, et les instruments donnent le rythme. Au-delà de la technique, la capoeira s’inscrit dans une dimension éducative et sociale, rassemblant enfants, adultes et seniors dans un même espace partagé.

Désormais pratiquée dans plus de 140 pays, la capoeira rassemble plusieurs millions de pratiquants, majoritairement au Brésil. Elle s’est imposée comme une discipline singulière, largement diffusée à l’international, continuant de dépasser les frontières et les idées reçues.

Source : France 3 Côte d’Azur

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