Une mortalité dans une eau à plus de 20°C : les poissons des cours d’eau menacés par les canicules
La France traverse une nouvelle canicule. Dans le Vaucluse, les températures vont grimper jusqu’à 38 degrés ce mercredi 12 août 2026. Les vagues de chaleur à répétition frappent fortement les cours d’eau, et donc les espèces qui les peuplent.
Mort, difficulté de reproduction, maladies : les canicules bouleversent le milieu aquatique. Ce mardi 11 janvier, le département du Vaucluse est placé en vigilance orange canicule avec des températures supérieures à 36 degrés. Le mois de juillet 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en France et le troisième mois de juillet le plus pauvre en pluies, entraînant une sécheresse « historique » des petits cours d’eau, selon l’AFP.
Matthieu Ellul, responsable à la Fédération de pêche du département, constate un impact sur tous les cours d’eau. Il note une augmentation des températures de 3 à 4 degrés en moyenne entre les années 2000 et aujourd’hui. En juillet 2000, l’eau était à 18,19 degrés, tandis qu’en 2026, des relevés indiquent des températures allant jusqu’à 24 degrés.
Ces températures élevées touchent directement les espèces piscicoles, notamment les salmonidés (truites, saumons, ombres). « On commence à observer un stress de la truite aux alentours d’une eau à 18 degrés et une mortalité dans une eau à plus de 20 degrés », alerte Matthieu Ellul. Les poissons se trouvent dans les eaux les plus pénalisées par la sécheresse, comme le Toulourenc ou le Cavalon.
Tous les cours d’eau du département sont affectés, et bien que les effets sur les espèces ne soient pas toujours immédiats, des impacts à long terme sont à prévoir. La chaleur favorise la prolifération de nouvelles bactéries et maladies, et les poissons vivant dans le Rhône risquent de subir des conséquences aggravées par une pollution plus concentrée due à la baisse du niveau d’eau.
Les grenouilles et tritons, eux aussi, voient leur reproduction remise en cause. Si la situation perdure, des espèces risquent de disparaître, notamment les salmonicoles et les catadromes, au profit de nouvelles espèces, parfois exotiques et envahissantes. « Il y aura des goujons asiatiques, le poisson-chat, le black-bass ou le silure », prévient Matthieu Ellul.
Pour faire face à cette situation, il propose de réfléchir à des poissons capables de résister aux nouvelles conditions, plutôt que de tenter de réintroduire des espèces non viables dans les eaux du Vaucluse.
Source : AFP



