Electricité : comment les canicules pèsent sur la rentabilité d'EDF

Electricité : comment les canicules pèsent sur la rentabilité d’EDF

Le groupe EDF anticipe une baisse de sa rentabilité pour 2026, principalement en raison de la diminution des prix de marché de l’électricité et des conséquences des vagues de chaleur. Ces canicules obligent l’entreprise à réduire l’activité de plusieurs de ses centrales, alors que la sécheresse impacte la production d’énergie hydraulique.

Selon EDF, l’électricien, entièrement détenu par l’État, prévoit un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements) en recul d’environ 10 %. Ce pronostic, annoncé récemment, marque un changement par rapport à une prévision initiale de léger retrait. Cette révision est due à un contexte de baisse des prix sur le marché.

Les prix de l’électricité en baisse compliquent la situation d’EDF, qui est en charge de la relance du nucléaire en France, avec des projets de construction de six nouveaux réacteurs EPR2 à Penly, Gravelines et Bugey, pour un coût estimé à 72,8 milliards d’euros, alors que la société est déjà lourdement endettée.

La succession de vagues de chaleur, survenues depuis fin mai, a également perturbé la production nucléaire et hydraulique. Claude Laruelle, directeur exécutif en charge de la direction Finance et Impact d’EDF, a précisé que ces conditions climatiques ont conduit à un ajustement de leurs projections.

Trois réacteurs nucléaires à l’arrêt au pic des canicules

Lorsque les températures des cours d’eau sont trop élevées, EDF doit réduire la production de certains réacteurs pour respecter les normes environnementales. En effet, même si une grande partie de l’eau prélevée est restituée, celle-ci est relâchée à une température plus élevée, ce qui peut nuire aux écosystèmes aquatiques.

Au pic des canicules de juin et juillet, EDF a dû arrêter trois réacteurs et diminuer la puissance de neuf autres. Actuellement, un réacteur de la centrale de Golfech est à l’arrêt en raison des températures élevées, tout comme un réacteur de la centrale de Chooz.

Une perte de production autour de 2 TWh en juillet

Les contraintes climatiques ont entraîné une perte de production nucléaire de 1 TWh en juin sur une production totale de 30 TWh. En juillet, cette perte pourrait atteindre environ 2 TWh. Malgré ces défis, EDF maintient une estimation de production nucléaire entre 350 et 370 TWh pour 2026 et 2027, représentant environ 70 % de la consommation électrique nationale.

Incertitude sur la production hydraulique

La chaleur excessive affecte également la production d’électricité hydraulique, avec des barrages confrontés à une disponibilité réduite en eau. La production hydraulique a été supérieure à la normale en début d’année, mais a depuis chuté. Emmanuelle Verger, directrice exécutive des activités hydrauliques, a souligné que la sécheresse actuelle rend difficile l’anticipation de la production des barrages pour les mois à venir.

EDF prévoit d’investir 8,7 milliards d’euros d’ici 2040 pour adapter ses installations au changement climatique.

Des résultats conformes aux attentes

Pour le premier semestre, EDF a enregistré une baisse de 4,4 % de son bénéfice net, qui s’élève à 5,2 milliards d’euros, ainsi qu’une diminution de 3,3 % de son chiffre d’affaires, à 57,45 milliards d’euros. Bernard Fontana, PDG d’EDF, a qualifié ces résultats de conformes aux attentes.

Source : La Tribune.

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