Canicules et sécheresse : un été difficile pour les vignes de Haute-Saône

Depuis le début de l’été, la France subit des épisodes caniculaires à répétition. La Haute-Saône, traditionnellement épargnée, voit ses viticulteurs confrontés à des conditions climatiques extrêmes qui nuisent à leurs vignes. Les températures élevées et la sécheresse persistante de cet été 2026 mettent en péril la récolte, en particulier pour les jeunes plants.

Xavier Guillaume, viticulteur à Charcenne, souligne : « On va devoir changer notre façon de travailler. » Les vignes du département subissent un stress hydrique important, une situation qui, bien que fréquente dans d’autres régions, est nouvelle pour cette zone. Il s’inquiète notamment pour les jeunes plants, qui souffrent davantage que les plus anciennes vignes, plantées depuis quinze ans. « C’est une situation que je n’ai jamais vue jusqu’à maintenant. Il y a eu des chocs à répétition, » déclare-t-il.

Pour faire face à cette situation, des pratiques d’arrosage, habituellement rares pour les vignes, deviennent nécessaires. « Cette année, c’est infernal. Malgré nos efforts, j’ai jamais vu ça, » insiste Xavier Guillaume. Concernant la qualité du vin, il se montre prudent, anticipant un changement dans les caractéristiques des produits, avec des vins « plus chauds » et des acidités moins marquées.

Face à ces défis, la Pépinière Guillaume à Charcenne s’emploie à développer des plants de vignes plus résistants aux fortes chaleurs. Pierre-Marie Guillaume souligne que la recherche prend du temps, nécessitant près de dix ans pour aboutir à de nouvelles variétés. « On accompagne la viticulture européenne vers ce changement climatique extrêmement rapide, » précise-t-il.

L’objectif est de sélectionner des plants capables de mûrir plus tard, en s’inspirant de variétés cultivées dans des régions plus chaudes comme la Grèce ou l’Espagne. « On est à un moment de rupture, on sait que demain ne sera pas comme hier, » conclut Pierre-Marie Guillaume.

Les véritables conséquences de ces canicules sur la qualité des récoltes ne seront visibles qu’après les vendanges, prévues début septembre.

Article écrit avec des éléments de Philippe Arbez et Fabienne Le Moing.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *