Canicules : à Marseille, le manque d’arbres pointé du doigt dans cette étude

À Marseille, le manque d’arbres est devenu préoccupant, notamment dans plusieurs quartiers et au centre-ville. Cette insuffisance de végétation, essentielle pour le rafraîchissement urbain, pose une question cruciale alors qu’une quatrième canicule touche actuellement le pays. Bien qu’un plan ambitieux ait été lancé en 2023 par le maire Benoît Payan, visant à planter 308.000 arbres d’ici 2029, la canopée marseillaise reste insuffisante pour un rafraîchissement effectif.

Une étude de l’université RMIT souligne que « 87 % des bâtiments de Marseille se situent en deçà du seuil de 30 % de couverture végétale nécessaire pour un rafraîchissement diurne significatif ». Ce constat est alarmant et reflète un problème structurel dans la conception urbaine.

La proximité des parcs en question

Une analyse récente a révélé des écarts de température considérables selon les lieux. Par exemple, il a été mesuré 31°C sous les arbres du parc Borély, contre 46°C sur la place Castellane, où des palmiers ont été retirés pour créer un espace minéral. Ce type d’aménagement contribue à former des îlots de chaleur.

Les vagues de chaleur en Europe mettent en lumière un problème structurel dans la planification urbaine. L’étude a cartographié les canopées dans un rayon de 60 mètres autour de chaque bâtiment, confirmant que le seuil de 30 % de couverture végétale est recommandé par l’OMS.

« Lorsqu’une vague de chaleur intense survient, un parc arboré situé à trois pâtés de maisons est trop éloigné pour aider un immeuble d’appartements entouré d’asphalte brûlant. »

Etude de l’Institut royal de technologie de Melbourne, RMIT

Grand écart selon les quartiers

Selon l’étude, plus de quatre bâtiments sur cinq à Marseille sont exposés à une élévation localisée de la température. Les secteurs du sud, de l’est et de l’extrême nord bénéficient de leurs anciens domaines bastidaires, tandis que l’hypercentre et les arrondissements nord souffrent d’un manque de végétation.

Les quartiers à faibles revenus, souvent plus asphaltés et moins ombragés, subissent les effets les plus sévères de la chaleur, aggravant les inégalités sociales face aux vagues de chaleur.

87 % des bâtiments de Marseille se situent en deçà du seuil de 30 % de couverture végétale nécessaire pour un rafraîchissement diurne significatif.
87 % des bâtiments de Marseille se situent en deçà du seuil de 30 % de couverture végétale nécessaire pour un rafraîchissement diurne significatif. (©Dr Thami Croeser · Google EIE canopy · Jun 2026)

Comparativement, 84 % des bâtiments en Europe n’ont pas suffisamment d’arbres à proximité pour lutter contre les vagues de chaleur. À Paris et Lyon, ces taux atteignent respectivement 96 et 84 %, tandis qu’à Nice, ils tombent à 41 %. Les villes allemandes comme Cologne et Hambourg affichent de meilleurs résultats, avec 45 % de leurs constructions dépassant le seuil de 30 %.

« Il faut sauvegarder notre patrimoine »

Des initiatives de « renaturation » sont en cours à Marseille pour planter de nouveaux arbres et arbustes. Toutefois, ces efforts sont jugés insuffisants. Un jeune arbre mettra des années avant de fournir de l’ombre. L’ancienne adjointe à la ville, Nassera Benmarnia, a souligné que sans la sauvegarde du patrimoine arboré existant, ces mes pourraient être perçues comme du greenwashing.

En 1977, Marseille était pionnière en matière de valorisation des arbres urbains, mais ce système semble s’être érodé avec le temps, comme en témoigne la situation actuelle sur la place Castellane et le parc central de Bonneveine, où des abattages d’arbres sont prévus.

Source : Inès Cussac, Actu.fr

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