Canicule : Les vendanges de Champagne menacées par une sécheresse précoce

La vigne souffre de la chaleur et de la rareté de l’eau. Dans le massif de Saint-Thierry (Marne), la succession des épisodes de canicule et le manque de pluie mettent les vignobles de Champagne sous pression. Les viticulteurs redoutent une baisse des rendements.

Sur les coteaux de Chenay, le sol sablonneux complique l’accès à l’eau pour les vignes, qui doivent puiser plus profondément. « Le sous-sol est très drainant donc le sable ne retient pas l’eau, ce qui se passe c’est que la vigne, malgré son enracinement en profondeur, peut manquer d’eau en cas de sécheresse, de canicules assez longues. »

Pour l’instant, les raisins se portent bien, grâce aux réserves en eau et aux orages récents. Toutefois, avec l’annonce d’une nouvelle canicule, la pluie devient cruciale. « Le risque, c’est que la vigne entre en stress hydrique, que les raisins ne gonflent plus, et que les feuilles commencent à jaunir, ce qui affecte la photosynthèse et la maturation du raisin. »

Charles Beaudouin, président de la coopérative de Nogent-l’Abesse et Cernay-les-Reims, représentant 235 hectares et 330 adhérents, souligne que l’inquiétude est particulièrement forte pour les jeunes plantations. « Ce sont les premières qui vont souffrir du manque d’eau, donc il y a une inquiétude. Je pense que certains viticulteurs vont devoir irriguer ces parcelles de manière manuelle. »

Le stress hydrique touche également la côte des Bars dans l’Aube, comme le constate Sébastien Debuisson, directeur des services techniques du Comité Champagne. « Pas de pousse, pas de maturité des raisins, des feuilles qui tombent et des raisins qui s’égrainent au fur et à me. »

Les six premiers mois de l’année 2023 ont été les plus chauds jamais enregistrés, ce qui pousse les viticulteurs à envisager des vendanges précoces. « Avec le temps prévu pour juillet, on s’attend à des vendanges très précoces. »

Les vendanges pourraient avoir lieu autour du 20 août, ce qui serait historique pour la région. En termes de rendement, Sébastien Debuisson estime qu’il pourrait se situer entre 8 000 et 9 000 kg par hectare, en baisse par rapport aux 9 500 kg de 2025, une perte attribuée à des épisodes de gel en mars dernier.

Charles Beaudouin précise que les raisins seront petits et riches en sucre, mais avec peu de jus, ce qui impactera la qualité des futures récoltes. « La vigne va commencer à jaunir, alors qu’elle doit garder ses feuilles le plus tard possible pour la mise en réserve pour l’hiver. »

Les effets de la canicule sur les vignes de Champagne montrent que le changement climatique pose des défis croissants pour les viticulteurs, qui doivent s’adapter à des conditions de plus en plus extrêmes.

Source : France 3 Régions

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