Canicule.

Les jeunes ont sauté du nid pour éviter de brûler : un centre de soins saturé en période de canicule

Les vagues successives de canicule affectent la biodiversité de manière dramatique, et n’épargnent pas les oiseaux. Ces derniers, épuisés et en surchauffe, tombent de leur nid et sont secourus par des centres de soins, comme à Dolus-d’Oléron, en Charente-Maritime.

Quand le mercure atteint des sommets, la nature suffoque. Bien moins visible que la végétation jaunie, la faune sauvage est en souffrance. Les oiseaux, et surtout leurs petits, sont particulièrement vulnérables. Devant le Marais aux Oiseaux, centre de soins situé sur l’île d’Oléron, les cartons s’amoncellent. Pendant l’épisode caniculaire de fin juin, des dizaines d’oiseaux ont été transportés dans ces boîtes pour être pris en charge par des spécialistes.

« Après les fortes chaleurs, on a reçu pas mal d’animaux, des quantités assez importantes, » souffle Sophie Cariou, responsable du site. « On a des animaux qui arrivent à l’accueil du Marais aux Oiseaux, et sinon on a quatre points relais sur le département, à La Rochelle, Rochefort, Royan et Corme-Royal. »

Dans les locaux du centre de soins, les cartons s’alignent, mais eux, sont occupés. Un groupe de jeunes martinets, frappés par la chaleur soudaine et précoce, reprend des forces au frais. Catherine Lemarchand, capacitaire du centre de soins, veille sur eux. Cette espèce, cavernicole, s’est adaptée à la vie urbaine en nichant dans les fiss de bâtiments comme des églises, mais la hausse vertigineuse des températures les a violemment délogés. « Sachant que la pierre a énormément chauffé, les jeunes ont sauté du nid pour éviter de brûler, de mourir de chaud, » précise la soigneuse.

En ce début d’été, les oiseaux blessés apportés dans ce sanctuaire sont trois fois plus nombreux que l’année dernière à la même époque. Près d’une centaine a récemment été prise en charge, dont un petit tiers a rapidement été relâché dans la nature. Comme les martinets, de jeunes goélands, bruns ou argentés, ont également été victimes de chutes. Ils doivent eux aussi bénéficier de soins pour retourner à la vie sauvage. Par chance, ces oiseaux n’ont pas manqué de nourriture avant l’arrivée de la canicule : « 80% des oiseaux qu’on a accueillis étaient bien portants, ils n’ont pas souffert de malnutrition, » indique Catherine Lemarchand.

En Nouvelle-Aquitaine, il existe neuf centres de soins comme celui-ci, pour prendre en charge diverses espèces d’oiseaux, mais aussi de nombreux hérissons. Ces dernières semaines, les associations de protection des animaux ont proposé des conseils au public pour aider la faune sauvage. La LPO recommande, par exemple, de mettre des récipients d’eau à disposition pour les oiseaux, qui doivent être peu profonds pour éviter les noyades, et de sécuriser les points d’eau comme les bassins et les piscines.

Si un oiseau déshydraté est trouvé, il faut verser de l’eau au goutte-à-goutte sur la pointe de son bec, le placer dans un carton tapissé de papier absorbant ou de journal, et l’isoler au moins trois heures dans une pièce calme et tempérée. Il est conseillé de le relâcher au coucher du soleil. Si l’oiseau ne s’envole pas, ou s’il s’agit d’un oisillon, il faut l’emmener dans un centre de sauvegarde, comme le Marais aux Oiseaux.

Source : France 3 Régions

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