Pas de température maximale pour travailler : quelles obligations pour les employeurs en temps de canicule ?
Une canicule exceptionnelle touche la France depuis plusieurs jours, avec 72 départements en vigilance rouge. Les conséquences de cette chaleur intense sont préoccupantes, notamment pour les travailleurs, en particulier ceux exerçant des activités physiques en extérieur, comme dans le bâtiment.
Le Code du travail français ne fixe pas de température limite au-delà de laquelle les employeurs doivent interdire le travail. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a exprimé son refus d’établir un seuil, arguant que cela dépend des conditions spécifiques à chaque entreprise. Cependant, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, souligne que des études scientifiques recommandent d’interrompre les travaux physiques lorsque la température atteint 28 degrés Celsius, et 30 degrés pour les activités sédentaires.
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) confirme que des risques pour la santé, tels que les coups de chaleur et la déshydratation, augmentent au-delà de ces seuils. L’INRS appelle également les entreprises à tenir compte d’autres facteurs de risque, comme l’humidité et le rayonnement solaire.
Un décret en vigueur depuis mars 2025 impose aux employeurs de mettre en place des mes de prévention des risques liés à la chaleur, telles que l’adaptation des horaires et la mise à disposition d’eau fraîche. Pourtant, Sophie Binet déplore que ce décret ne soit pas appliqué dans de nombreuses entreprises, signalant l’absence de plans de prévention canicule dans la majorité d’entre elles.
L’Inspection du travail a effectué 1 400 contrôles en moins d’un mois, mettant en demeure 75 entreprises pour non-conformité durant cette période de canicule. Selon les données de la Dares, moins de la moitié des entreprises avaient rempli le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) en 2019, qui inclut l’évaluation des risques liés aux fortes chaleurs.
En somme, bien que des obligations existent, leur application reste inégale, exposant les travailleurs à des conditions potentiellement dangereuses.
Source : Franceinfo
