Canicule : pourquoi l’Île-de-France a subi plus de surmortalité que le Sud

Canicule : l’Île-de-France enregistre une surmortalité inquiétante

La canicule qui a frappé la France depuis mai a été responsable de 7 300 décès en excès, selon un bilan provisoire. En juin, l’Île-de-France a particulièrement été touchée, avec 1 999 décès supplémentaires, tandis que les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Corse n’ont pas enregistré d’excès de mortalité mesuré. Fin juillet, une nouvelle vague de chaleur a cependant mis le Sud-Est sous pression.

La deuxième vague de chaleur de l’été a entraîné 1 243 décès en excès toutes causes confondues entre le 3 et le 22 juillet. Ce chiffre porte à 7 300 le total des décès en excès depuis le début des fortes chaleurs en mai. Bien que cette vague soit moins meurtrière que celle de fin juin, elle souligne que les épisodes de chaleur peuvent avoir des conséquences sanitaires durables.

Ce total se décompose en trois périodes distinctes. Santé publique France a enregistré 300 décès en excès durant l’épisode du 24 au 28 mai, suivi de 5 764 décès supplémentaires pendant la canicule du 17 juin au 2 juillet. Un décès en excès correspond à la différence entre le nombre de morts observé et celui attendu pour la même période.

L’Île-de-France a connu une hausse de 81,2 % des décès en excès lors de la canicule de fin juin, avec un excès de mortalité de 36,2 % dans les 92 départements placés sous surveillance. Les personnes âgées de 75 ans et plus ont constitué une part significative des décès, représentant 3 719 des 5 764 décès supplémentaires recensés durant cette période.

En revanche, les régions du Sud, comme la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Occitanie et la Corse, n’ont pas présenté d’excès de mortalité pendant la vague de juin. Cela ne signifie pas qu’elles soient à l’abri, mais simplement que la mortalité observée n’a pas dépassé le seuil statistiquement attendu.

À partir du 29 juillet, un nouvel épisode de chaleur a touché la France, avec 28 % de la population concernée par au moins une journée de vigilance orange jusqu’au 10 août. Cela rappelle que l’absence de surmortalité mesurée en juin ne garantit pas une immunité pour le reste de l’été.

La densité urbaine, les nuits chaudes et les conditions de logement constituent des facteurs aggravants en Île-de-France. Dans les zones urbaines denses, la chaleur peut être piégée par le bâti, rendant les nuits particulièrement difficiles pour la récupération de l’organisme.

Les données hospitalières entre le 29 juillet et le 10 août montrent une pression sanitaire croissante, avec des passages aux urgences pour des problèmes liés à la chaleur atteignant 293 le 29 juillet, dont plus de la moitié concernaient des personnes de 75 ans et plus.

Cette situation souligne l’importance de la vigilance face aux risques sanitaires liés aux vagues de chaleur, en particulier pour les populations vulnérables.

Source : Santé publique France.

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