Canicule . Les cartes météo sont-elles vraiment trop rouges (et plus qu'avant) à la télé ?

Canicule : Les cartes météo sont-elles vraiment trop rouges à la télévision ?

C’est un sujet qui revient régulièrement chez les climatosceptiques lors de chaque vague de chaleur : les médias, en particulier les chaînes de télévision, utiliseraient des cartes de météo de plus en plus « rouges » pour effrayer la population et augmenter leur audience. Cette critique s’est intensifiée avec l’épisode caniculaire inédit de mai 2023, où plusieurs voix se sont élevées contre la dramatisation des bulletins météo.

Guillaume Séchet, météorologiste sur BFMTV et fondateur du site Météo-villes.com, a réagi en précisant que les cartes météo se basent sur l’écart aux normales saisonnières : « Le rouge apparaît lorsque les températures sont supérieures aux normales, le bleu lorsqu’elles sont inférieures. Comme les périodes plus chaudes que la normale sont devenues majoritaires ces dernières années, les cartes affichent plus souvent du rouge. »

Par exemple, un 35°C en mai sera « plus rouge » qu’une température équivalente en août. De plus, les couleurs des cartes ont évolué au fil des décennies, se basant désormais sur les moyennes saisonnières actuelles, plutôt que sur une échelle de températures fixe.

Certaines théories avancent que ces cartes sont utilisées pour créer une peur qui pourrait justifier l’imposition de taxes écologiques. Cependant, les experts affirment que ce n’est pas la charte graphique qui a changé, mais les températures elles-mêmes. La température moyenne a augmenté, rendant ainsi les cartes plus souvent rouges.

Les tensions autour des sujets climatiques ont atteint un tel niveau que des météorologistes et journalistes ont été insultés et menacés pour avoir abordé ces questions. Le climatologue Christophe Cassou a souligné ce phénomène, indiquant que les scientifiques subissent des attaques sur les réseaux sociaux.

D’après les données recueillies depuis 2000, le nombre de canicules en France a été multiplié par quatre, et le nombre de nuits tropicales à Nice est passé d’environ 25 à près de 100 par an. En dix ans, la France a enregistré 1548 records de chaleur mensuels contre 72 de froid, soit 96 % de records de chaleur. À Nîmes, le nombre de jours au-dessus de 30°C a augmenté de 25 à 75 par an, tandis que les jours au-dessus de 40°C ont été multipliés par 19. Cela explique pourquoi les cartes de météo sont plus souvent rouges que bleues.

Source : Le Dauphiné

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