L’Église ne doit pas limiter la défense de la vie à la bioéthique
Depuis le dimanche 22 juin, les fidèles catholiques sont invités à prier pour le respect et la défense de la vie, alors que la loi sur la fin de vie est examinée en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Une neuvaine est proposée aux fidèles, illustrant l’engagement de l’Église catholique sur cette question.
Actuellement, la France traverse une canicule sans précédent, battant des records de chaleur quotidiennement. Cette situation représente une menace directe pour la vie humaine, notamment pour les personnes âgées et les malades chroniques, qui sont les mêmes pour lesquelles des prières sont sollicitées concernant la loi sur la fin de vie.
Un stress pour la vie animale et végétale
La canicule de 2026 est d’ores et déjà plus sévère que celle de 2003, qui avait causé environ 15 000 décès. Les températures extrêmes mettent en danger la santé de nombreux citoyens. Par ailleurs, cette chaleur intense affecte également la vie animale et végétale, perturbant les cycles agricoles et la capacité des sols à nourrir la population.
Malgré cette menace, les réactions des voix catholiques officielles sont presque inexistantes. La Conférence des évêques de France ne semble pas avoir publié de communiqué en réponse à cette crise, laissant sans soutien une population déjà éprouvée par des conditions climatiques extrêmes.
Dimensions sociales et écologiques
La doctrine de l’Église, rappelée par le pape François et ses prédécesseurs, souligne que la défense de la vie ne se limite pas à des questions bioéthiques, mais englobe également des dimensions sociales et écologiques. En Europe, les canicules causées par le réchauffement climatique sont responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes chaque année. Une étude d’Oxfam estime que la chaleur tue plus de 5 000 personnes chaque année en France.
Ce contraste entre l’engagement de l’Église sur des questions bioéthiques et son silence sur les enjeux écologiques soulève des interrogations. Les causes du réchauffement climatique et de la sixième extinction de masse, qui menacent également la vie humaine, sont bien connues.
Conclusion
Face à ces dangers, une prise de parole forte de la part de la Conférence des évêques de France serait attendue. Si l’Église persiste à traiter différemment les menaces sur la vie humaine selon qu’elles relèvent de la bioéthique ou de la justice sociale et écologique, elle risque de perdre sa crédibilité et son influence.
Source : La Croix