Décryptage. Canicule : pourquoi la consommation et la vente d'alcool sont interdites dans plusieurs villes

Canicule : Interdiction de la vente et consommation d’alcool dans plusieurs villes

Alors que 37 départements français sont en vigilance rouge canicule, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a recommandé aux préfets d’interdire la vente et la consommation d’alcool dans l’espace public. À Paris, cette interdiction s’étend jusqu’à dimanche en raison de la saturation des hôpitaux, comme l’a précisé Patrice Faure, le préfet de police de la capitale. Les bars et restaurants restent cependant autorisés à vendre de l’alcool. Une me similaire a été mise en place dans le département du Nord.

L’association entre alcool et chaleur présente des risques notables. Bien qu’une bière fraîche puisse sembler désaltérante, elle n’hydrate pas le corps, qui a besoin d’eau pour transpirer et se refroidir. L’Inserm souligne que l’alcool perturbe les mécanismes naturels de régulation thermique du corps. En effet, son effet diurétique entraîne une élimination accrue d’eau, alors que le corps en a le plus besoin.

D’autre part, l’alcool altère la perception de la soif, ce qui peut conduire à une déshydratation rapide et à un risque accru de coup de chaleur. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a souligné que la consommation d’alcool peut déshydrater l’organisme trois à quatre fois plus rapidement sans que le consommateur s’en rende compte.

Le gouvernement s’inquiète également d’une potentielle augmentation des noyades, ayant déjà enregistré 55 cas depuis le début de la canicule. Santé publique France indique que l’alcool altère le jugement et accroît la prise de risques, ce qui est préoccupant alors que les températures élevées incitent à la baignade et aux rassemblements en extérieur.

Les hôpitaux, notamment en Île-de-France, sont en état d’alerte, ayant déclenché leur plan blanc pour gérer l’afflux de patients. Les appels au Samu ont augmenté de 61 % par rapport à la semaine précédente et de 75 % par rapport à l’année dernière. Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Georges Pompidou de Paris, a décrit une situation critique, avec un nombre de patients largement supérieur au nombre de lits disponibles.

Les autorités sanitaires craignent que la pression sur le système de soins se prolonge encore plusieurs jours. La canicule de 2003 avait entraîné environ 15 000 décès, et les chiffres de 2019 et 2022 font état de 1 924 et 2 816 décès dus à la chaleur, respectivement.

Source : La Tribune, Santé publique France.

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