Des prairies grillées, des volailles étouffées par la chaleur, des champs de légumes détruits : face à la canicule et à la sécheresse, les pertes de l’été 2026 s’annoncent lourdes pour l’agriculture française
La canicule et la sécheresse ont durement impacté l’agriculture française depuis le début de l’été. Les estimations des pertes restent cependant difficiles à établir avant la fin de la saison. Les champs de légumes sont détruits, les prairies grillées et la production laitière en déclin, illustrant le lourd tribut que l’agriculture française paie face à ces épisodes climatiques extrêmes.
Le gouvernement a annoncé un plan « global » avec des mes d’urgence pour compenser les difficultés économiques des exploitations agricoles, notamment face au risque de faillite. Il a également pour objectif de faciliter l’accès à l’eau pour les agriculteurs. Cependant, le ministère de l’Agriculture a précisé qu’il faudrait attendre fin août pour estimer précisément les pertes et calibrer les aides.
Des hectares de fruits et légumes anéantis
Dès la mi-juillet, Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France, a alerté sur la situation : les cultures de plein champ non irriguées ont particulièrement souffert en Bretagne et dans les Pays de la Loire. La vague de chaleur de juin a détruit des hectares entiers, et les nouvelles plantations de salades et de carottes n’ont pas survécu à la sécheresse persistante. Les réserves d’irrigation sont largement entamées, limitant les nouvelles cultures. Même les serres ne protègent plus efficacement les tomates, entraînant une baisse significative des volumes.
Des tensions d’approvisionnement se manifestent début août sur des produits tels que les jeunes pousses et les radis, avec une hausse des prix, allant jusqu’à un doublement pour les laitues. En Bretagne, « 100% des brocolis et des artichauts » ainsi que la majorité des jeunes plants de choux-fleurs non irrigués ont été détruits, ce qui aura des répercussions sur les marchés à partir de l’automne.
Une production de maïs au plus bas depuis 1980
La production de maïs, entrée en floraison durant la seconde vague de chaleur en mi-juillet, est désormais attendue en repli de 35%, atteignant 9 millions de tonnes, soit le plus bas niveau depuis 1980. Ce déclin est attribué à la réduction des surfaces cultivées et aux rendements diminués en raison des canicules. La récolte de blé, bien que moins affectée, a tout de même chuté de 4,3% à 31,9 millions de tonnes.
La pousse des prairies, utilisées pour le pâturage, est quasiment à l’arrêt depuis fin mai, avec une réduction de 30% par rapport à la moyenne 1989-2018. Les vignobles, quant à eux, subissent des impacts variables selon les régions, avec des vendanges précoces dans certaines zones et un retard de maturité dans d’autres.
Des volailles particulièrement vulnérables
Le premier épisode de canicule est souvent le plus sévère pour les animaux. Dans l’Ouest, l’élevage de volailles a subi des pertes de 2 à 3 millions d’animaux, représentant environ 1% de la production annuelle. Le risque de mortalité est moins élevé pour les bovins et les porcs, mais la production laitière peut diminuer de 30% en cas de forte chaleur. Dès mai, la collecte laitière a baissé de 1,1%, signalant une tendance préoccupante pour les éleveurs.
Les pâturages grillés contraignent parfois les éleveurs à utiliser leur foin d’hiver, impactant la qualité du lait et des produits laitiers.
Source : BFM TV



