Canicule et sécheresse : Légumes, lait, viande… La Bretagne, garde-manger de la France, tire la langue

Canicule et sécheresse : La Bretagne, garde-manger de la France, en difficulté

La Bretagne, traditionnellement perçue comme un refuge climatique, subit actuellement des températures extrêmes, dépassant les 40°C dans des départements comme le Finistère et les Côtes-d’Armor. Cette situation, inédite pour la région, survient alors que la France fait face à sa troisième vague de chaleur de l’été.

Les agriculteurs expriment leur inquiétude face à un climat devenu imprévisible. Dominique Balac, éleveur bovin dans le Morbihan, souligne que les prévisions météorologiques suscitent une anxiété grandissante. Les cultures souffrent : les légumes sont brûlés par le soleil, et les récoltes de printemps sont compromises. Laurent Kerlir, président de la chambre régionale d’agriculture, indique que les pertes seront significatives pour ceux qui ne disposent pas de systèmes d’irrigation.

S’il est encore trop tôt pour évaluer l’ampleur des dégâts, des pertes de 40 % sont envisagées pour les petits pois dans certaines régions. Les carottes ne grossissent pas, et la floraison des brocolis et choux-fleurs a été affectée. Les échalotes, récoltées en pleine canicule, rencontrent également des difficultés de stockage, avec des baisses de rendements allant de 5 % à 25 %.

La production de pommes de terre, essentielle pour les chips et les frites, est également menacée. La chaleur a entravé le grossissement des tubercules, entraînant un manque de pommes de terre de taille adéquate. De plus, la collecte de lait a chuté d’environ 15 % dans le Grand Ouest, avec des pertes atteignant jusqu’à 30 % pour certains producteurs.

Les élevages de volailles subissent également la chaleur, avec des estimations faisant état de 2,5 à 3 millions de volailles décédées depuis mai, selon l’Anvol. La chaleur influence la production d’œufs, qui devient moins abondante et de plus petite taille, impactant les rayons des supermarchés.

Les agriculteurs craignent des conséquences à long terme. Les animaux affaiblis voient leur reproduction perturbée, et des inquiétudes émergent concernant la qualité et la quantité des récoltes fourragères, notamment le maïs. Ces défis sont d’autant plus préoccupants que certains agriculteurs redoutent une sécheresse en 2026, potentiellement plus sévère que celle de 1976, qualifiée à l’époque de « calamité nationale ».

Source : 20 Minutes

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