Pourquoi cette canicule provoque un pic « rarement voire jamais observé » de recours aux soins d’urgence ?
La France fait face à une canicule exceptionnelle, avec 72 départements placés en vigilance rouge par Météo-France depuis le jeudi 25 juin. Cette alerte concerne environ trois-quarts de la population française, alors que la journée de mercredi a enregistré une température moyenne nationale de 30 degrés, battant ainsi le record précédent établi mardi.
Cette vague de chaleur prolongée engendre une pression considérable sur les services d’urgence des hôpitaux. Entre dimanche et lundi, le nombre de passages aux urgences liés à la chaleur a triplé, tandis que les consultations chez SOS Médecins ont quadruplé. Santé publique France évoque un pic « rarement, voire jamais observé » auparavant. En réponse à cette situation, le gouvernement a activé le niveau 2 sur 4 du plan Orsan.
Une canicule hors vacances scolaires
Cette année, plusieurs facteurs contribuent à l’ampleur de cette canicule. Contrairement à d’autres événements similaires, cette canicule touche presque l’ensemble du territoire national, avec près de 90 % de la population en zone de vigilance orange ou rouge. De plus, elle survient à une période où de nombreuses activités scolaires et professionnelles sont encore en cours, rendant difficile la recherche de refuges frais. Sébastien Denis, directeur de l’unité Santé, Environnement, Travail chez Santé publique France, souligne que cette exposition continue à la chaleur augmente le risque de complications sanitaires.
Données et statistiques
Les hôpitaux enregistrent des affluences record, avec plus de 650 passages aux urgences liés à la canicule entre dimanche et lundi soir. Bien que toutes les classes d’âge soient concernées, les 15-44 ans représentent le groupe le plus touché par des coups de chaleur. Cette hausse des passages aux urgences entraîne un surplus d’hospitalisations, entre 160 et 220 par jour depuis le 18 juin, dont 60 % des patients hospitalisés ont plus de 75 ans.
Conséquence directe
Pour faire face à cette demande accrue, l’Union française pour la médecine libre (UFML) propose d’adapter les horaires de consultation afin de favoriser des rendez-vous durant des plages horaires plus fraîches. Le syndicat appelle également à privilégier les téléconsultations dans certaines spécialités, comme la psychiatrie, afin de réduire la pression sur les services d’urgence.
Source : France Inter
