Tunisie: canicule et coupures d’électricité accentuent une crise d'approvisionnement d’eau en bouteilles

Tunisie : canicule et coupures d’électricité accentuent une crise d’approvisionnement d’eau en bouteilles

En Tunisie, le pays fait face depuis un mois à une crise d’approvisionnement en eau minérale en bouteilles. Cette situation résulte des coupures d’électricité survenues en juillet, qui ont affecté certains équipements des usines, ainsi que de problèmes d’importation liés au matériau plastique utilisé pour l’emballage. Bien que les autorités aient promis un retour à la normale prochainement, cette crise suscite une lassitude croissante parmi les Tunisiens, déjà éprouvés par un été marqué par des interruptions d’électricité et d’eau potable.

Dans son café du Kram, un quartier populaire de Tunis, Sami Mejri, gérant, témoigne des difficultés rencontrées : « Cela fait longtemps que ça dure. Je n’arrive ni à trouver des packs de grandes bouteilles ni de petites, que ce soit en plastique ou en verre. Mes fournisseurs me disent qu’ils n’ont rien. Chaque jour, je fais le tour des magasins à moto pour en dénicher. Certains n’en vendent qu’à l’unité. C’est rationné. » La consommation moyenne d’un café est de 140 bouteilles par jour, et avec la canicule, la demande est particulièrement forte.

La Tunisie est le quatrième consommateur mondial d’eau embouteillée en plastique. Fin juillet, l’ONG Alert a tiré la sonnette d’alarme sur cette pénurie imminente. Houssem Saad, membre de l’association, a expliqué que les coupures de courant dans les zones industrielles ont touché les usines d’embouteillage. Les autorités ont mis en place un plafonnement des prix depuis le 19 août et intensifient la lutte contre le stockage illégal, ayant saisi plus de 147 000 litres au cours du mois.

Outre ces enjeux locaux, la Tunisie souffre également de perturbations dans l’importation de polyéthylène téréphtalate (PET), essentiel à la fabrication des bouteilles. Houssem Saad a souligné que ces difficultés logistiques mondiales sont exacerbées par la crise du détroit d’Ormuz, affectant le commerce avec des pays comme la Chine, la Turquie et l’Arabie Saoudite. Les prix du PET ont explosé, passant de 800 euros à 1 400 euros la tonne, un phénomène également observé chez les fabricants de bouteilles en France.

Le président Kaïs Saïed a récemment dénoncé ces perturbations comme « anormales » et a suggéré que certains incidents pourraient être des actes de sabotage prémédités. Les autorités et les organisations de défense du consommateur encouragent la population à ne pas céder à la panique pour éviter une pression supplémentaire sur la demande.

Source : RFI

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