La canicule recule, mais ses effets sanitaires persistent
La canicule qui a frappé la France ces derniers jours commence à s’atténuer, mais les conséquences sur la santé publique demeurent préoccupantes. Selon l’AP-HP (hôpitaux publics parisiens), les appels au Samu à Paris et dans la petite couronne ont augmenté de 80 % cette semaine, entraînant le déclenchement du plan blanc d’urgence sanitaire. Antoine Alibert, adjoint au maire de Paris en charge de la Santé, a déclaré sur franceinfo que cette situation était « jamais vue » dans les établissements parisiens, soulignant que la « saturation exceptionnelle » touche « l’intégralité des services », avec des brancards s’accumulant dans les couloirs.
Au CHU de Toulouse, la CGT alerte sur des conditions de travail difficiles, décrivant des locaux à 33 degrés et l’absence d’appareils de climatisation. Les agents manquent également d’eau fraîche et de consignes claires. Le syndicat compare la situation à celle observée durant la pandémie de Covid-19, indiquant que « on se retrouve comme pendant le Covid avec les moyens du bord ».
Antoine Alibert a également mis en lumière le risque accru de décès à domicile, notamment chez des personnes de 40 à 50 ans, souvent isolées. Le ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a exprimé des inquiétudes similaires concernant ces décès qui échappent au système sanitaire.
Les experts de Santé publique France, Mathilde Pascal et Robin Lagarrigue, avertissent que la surmortalité liée aux vagues de chaleur, souvent qualifiée de « tueur silencieux », nécessite plusieurs mois pour être pleinement évaluée. Ils soulignent que même une légère hausse des températures peut considérablement augmenter le risque de décès.
Météo-France a annoncé que 24 départements resteront en vigilance rouge, tandis que l’Île-de-France et une grande partie du Grand Est passeront en vigilance orange. Les températures resteront « très élevées » ce week-end, selon l’organisme.
Source : Franceinfo, Santé publique France, Météo-France.