On continue d’abandonner les plus vulnérables : les SDF oubliés de la canicule en France
Pour les personnes sans domicile fixe en France, la canicule représente une menace mortelle. Lundi dernier, un homme de 35 ans a été retrouvé mort d’hyperthermie lors d’une maraude à Laval, en Mayenne. Ce drame n’est pas isolé. Selon le collectif Les Morts de la rue, la mortalité des personnes sans abri est aussi élevée en été qu’en hiver, la période estivale représentant à elle seule 30 % des décès.
Cette année, l’inquiétude est particulièrement forte face à des épisodes caniculaires d’une ampleur exceptionnelle. Environ 51,1 millions de personnes vivent dans les 72 départements placés en vigilance rouge, soit plus des trois quarts de la population française. Dans les centres-villes, les trottoirs deviennent des plaques chauffantes. Alors que certains trouvent refuge dans des lieux climatisés, des milliers d’autres n’ont d’autre choix que de rester dehors ou sous des tentes surchauffées.
Chaque journée devient un combat pour ces personnes. À Bordeaux, Damien, sans-abri de 34 ans, se réfugie dans une fontaine pour échapper à la chaleur, témoignant que « même la police ne dit rien ». Florent, 58 ans, évoque sa quête de fraîcheur dans un centre d’accueil d’urgence. Les associations alertent sur les risques accrus de déshydratation et d’insolation, notamment pour les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de problèmes de santé.
Face à cette situation d’urgence, les autorités ont renforcé plusieurs dispositifs. À Paris, la préfecture a intensifié les maraudes et élargi les horaires des accueils de jour, en ajoutant 100 places d’hébergement supplémentaires, portant le total à 427 places mobilisées dans le cadre du plan canicule. Cependant, les associations de terrain jugent ces mes largement insuffisantes par rapport aux besoins réels.
Yann Manzi, cofondateur d’Utopia 56, souligne que des milliers de personnes restent à la rue, malgré les annonces. À Paris, plus de 3 800 personnes sans solution d’hébergement ont été recensées lors de la Nuit de la solidarité de février, et leur nombre réel pourrait atteindre 5 000. Même récemment, 130 femmes, enfants et bébés se trouvaient sans solution d’hébergement.
Les personnes à la rue sont particulièrement exposées durant des épisodes caniculaires en raison de multiples vulnérabilités. Beaucoup vivent dans des campements et hésitent à s’éloigner pour chercher de l’eau, craignant de perdre leurs affaires. L’accès aux points d’eau est insuffisant, et la plupart n’ont pas les moyens d’acheter de l’eau potable.
Les populations les plus vulnérables, telles que les enfants, les bébés et les personnes âgées, sont particulièrement à risque. Ces groupes souffrent et dépérissent dans la rue, exposés à des conditions climatiques extrêmes. Les associations sont constamment en alerte pour orienter les personnes en détresse vers les services d’urgence.
Pour éviter des drames, une mise à l’abri durable est nécessaire. Ouvrir quelques places d’hébergement temporairement ne suffit pas. Les solutions structurelles, comme la réquisition de bâtiments vides, sont des options à envisager pour éviter que des personnes continuent de mourir dans la rue.
Les citoyens sont appelés à ne pas détourner le regard et à agir lorsque des personnes semblent en détresse. Soutenir les associations et participer à des réseaux d’hébergement solidaire peuvent contribuer à mettre davantage de personnes à l’abri.
Source : France 24
