Canicule :

Les animaux n’ont plus rien à manger : le cri d’alarme des éleveurs face à la sécheresse

En Côte-d’Or, les épisodes de chaleur précoce ont asséché les prairies. Sans herbe disponible, les agriculteurs doivent puiser dans leurs stocks de fourrage d’hiver et faire face à des charges imprévues.

À Thenissey (Côte-d’Or), les parcelles de Jean-Pierre Renaut ont pris une teinte uniforme, du jaune au brun. Éleveur depuis plus de quarante ans, l’agriculteur observe un phénomène rare par son intensité et sa précocité. « Les animaux n’ont plus rien à manger », déplore-t-il. « Les pâturages comme ça, c’est une situation catastrophique. Ça aura beaucoup de mal à redémarrer. »

À Morey-Saint-Denis, Samuel Lenoir dresse le même constat. Dans ses parcelles, l’herbe résiduelle ne permet plus d’asr les apports nutritionnels nécessaires au troupeau : « Ce n’est même plus de la paille. C’est de la broussaille, c’est de l’herbe sèche, sans aucune qualité nutritive. »

Pour nourrir le bétail, il a fallu distribuer le fourrage habituellement conservé pour la période hivernale, qui ne commence d’ordinaire qu’en novembre. Une me d’urgence qui décale le calendrier des réserves. « Nos stocks de fourrage sont faits pour tenir 4 à 6 mois maximum », précise Samuel Lenoir. « Ils ne sont pas faits pour tenir du mois de juillet au mois de mai l’année prochaine. Donc fatalement, il arrivera un moment dans l’hiver où il va y avoir des ruptures de stock chez la plupart des éleveurs. »

L’assèchement des parcelles modifie également la logistique quotidienne des exploitations et alourdit directement leurs finances. Sur les sites d’écopâturage, l’absence de ressources contraint les éleveurs à réorganiser la conduite de leurs animaux. « Les moutons ne peuvent plus être en écopâturage puisqu’il n’y a plus rien à manger », explique Samuel Lenoir. « Donc il faudrait leur amener à manger, en plus leur amener à boire. Il est préférable de les rentrer à la bergerie. »

Ce rapatriement, associé à un approvisionnement plus fréquent et à la mobilisation de salariés pour surveiller l’état de santé des bêtes, engendre des frais imprévus. Pour l’éleveur, cette gestion de crise représente « des journées qui (lui) coûtent en moyenne entre 800 et 1 000 euros par jour », une charge lourde alors qu’à cette période de l’année, ces dépenses n’ont normalement pas lieu d’être.

Source : France 3 Régions.

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