Addictions, dépression, schizophrénie : comment la canicule affecte les patients atteints de troubles psychiatriques
Alors que 72 départements sont en vigilance canicule rouge, environ 50 millions de Français sont exposés à des chaleurs extrêmes. Les services d’urgences enregistrent un pic de consultations depuis le début de cette vague de chaleur, non seulement pour des hyperthermies et des déshydratations, mais aussi pour des conséquences sur la santé mentale, particulièrement chez les patients atteints de troubles psychiatriques, qui sont plus vulnérables aux fortes températures.
Des études scientifiques, tant internationales que françaises, montrent que les périodes de canicule sont associées à une augmentation des consultations aux urgences pour troubles psychiatriques. Baptiste Pignon, professeur de psychiatrie à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, souligne que l’on observe une hausse des troubles addictifs et des troubles de l’humeur, tels que la dépression, ainsi qu’une augmentation, bien que moindre, des troubles psychotiques et de la schizophrénie.
La chaleur intense entraîne une augmentation du stress et de l’irritabilité dans la population générale, ce qui peut provoquer des conflits intrafamiliaux, des facteurs de risque pour la décompensation psychiatrique. De plus, l’altération de la qualité du sommeil due à la canicule impacte directement les troubles psychiatriques, car le sommeil est un facteur crucial pour leur gestion.
Certains médicaments, comme les psychotropes et les antidépresseurs, peuvent aggraver la situation en période de chaleur. Les patients souffrant de troubles psychiatriques vivent souvent dans des conditions précaires et peuvent être socialement isolés, ce qui augmente leur vulnérabilité face aux fortes chaleurs. Il est donc essentiel que ces patients maintiennent un lien étroit avec les professionnels de santé durant cette période de canicule.
Source : Radio France
