« Je bois plus que je devrais » : comment la canicule complique la vie des patients sous dialyse
La canicule actuelle complique la vie des patients dialysés, qui doivent gérer des restrictions strictes en matière d’hydratation. Fatou, patiente de 49 ans, témoigne : « Je bois plus que d’habitude, alors que je ne devrais pas, mais j’ai du mal à me contrôler. » Depuis deux ans, elle se rend à l’hôpital Foch à snes (Hauts-de-Seine) pour des séances de dialyse, un acte vital en attendant une greffe.
Les vagues de chaleur successives sont particulièrement éprouvantes pour ces malades chroniques. Karine, 44 ans, explique : « Je vis enfermée, volets fermés, depuis juin. » Elle demande une dérogation pour l’installation de climatiseurs dans les logements sociaux, car la chaleur a un impact direct sur sa santé physique et mentale.
En France, plus de 50 000 patients sont traités par dialyse, un chiffre en hausse en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des cas de diabète, première cause de dialyse. Le Dr Gaëlle Pellé, néphrologue à l’hôpital Foch, indique que les patients doivent limiter leur consommation d’eau à la quantité qu’ils urinent par jour, plus 500 ml. Avec le temps, la plupart des patients urinent de moins en moins, ce qui limite leur hydratation à environ deux à trois verres par jour.
La pesée avant chaque séance de dialyse est cruciale pour déterminer le poids à sec, c’est-à-dire le poids sans excès d’eau. Si un patient arrive avec cinq litres d’eau accumulés en 48 heures, cela représente un poids important à éliminer, augmentant les risques de mortalité.
Pour atténuer la sensation de soif, certains patients utilisent des glaçons ou des sprays. Philippe, 78 ans, qui a le droit de boire un litre d’eau par jour, avoue qu’il ne le fait pas. Il a déjà dû se rendre aux urgences à plusieurs reprises à cause de complications liées à sa dialyse.
La dialyse à domicile, qui représente actuellement près de 5 % des dialysés, est une solution qui pourrait offrir plus de flexibilité, notamment pendant les périodes de chaleur. Fabrice, 50 ans, utilise cette méthode nocturne pour éviter les déplacements aux heures les plus chaudes, ce qui lui permet de mieux gérer son hydratation.
Durant cette vague de chaleur, de nombreux appels ont été reçus par les équipes de l’hôpital Foch, notamment de patients souffrant de maladies rénales chroniques. Le Dr Pellé souligne l’importance du dépistage précoce des problèmes rénaux, qui peut se faire facilement grâce à des bandelettes urinaires.
Enfin, l’espoir de certains patients reste la transplantation rénale. Chaque année, une centaine de greffes sont réalisées à l’hôpital Foch, avec des délais d’attente variant selon le groupe sanguin.
Source : Est Républicain


