Il faut différer des décisions importantes : comment la canicule agit aussi sur notre cerveau
Météo France place 54 départements en vigilance rouge canicule ce mardi, 35 sont en vigilance orange. Ces chaleurs extrêmes affectent notre santé, mais également nos capacités intellectuelles.
Plusieurs records de chaleur ont été battus hier 22 juin, dans le Centre et la moitié ouest de l’Hexagone. Selon les données de Météo France, la nuit du 22 au 23 a été la plus chaude jamais observée depuis 1947. Les appels aux SAMU ont augmenté de 30 % ces derniers jours, avec des cas de déshydratation, de malaises et de coups de chaud. La canicule met les organismes à rude épreuve, en particulier lorsque la chaleur s’installe durablement.
La neuropsychologue Sylvie Chokron, directrice de recherche au CNRS, souligne l’impact de la chaleur sur le cerveau. Elle évoque un « état proche d’une mini-détérioration intellectuelle ». Les fortes chaleurs exercent un double effet sur le cerveau, qui doit à la fois gérer le stress thermique et faire face à des problèmes de sommeil. Cela entraîne des troubles de la tension, de la vigilance, de la concentration et de la prise de décision.
La déshydratation peut déjà provoquer une désorientation et des troubles cognitifs. Les tâches simples deviennent plus difficiles, tandis que les tâches plus complexes deviennent impossibles à réaliser. La mémoire est également affectée, rendant difficile la mémorisation de nouvelles informations ou la récupération d’informations stockées. Dans ce contexte, il est conseillé de différer des décisions importantes ou des tâches complexes.
Les signes d’alerte incluent des difficultés de concentration et d’exécution de tâches intellectuelles. Si une personne ne parvient pas à comprendre ce qui se dit autour d’elle, cela peut indiquer un stress excessif pour le cerveau, possiblement dû à la déshydratation ou à l’hyperthermie. Sylvie Chokron met en garde contre les risques d’accidents du travail, notamment pour les personnes exerçant des métiers à risque ou à forte responsabilité.
Ces épisodes de chaleur extrême devraient se répéter dans le futur. Cependant, une adaptation progressive pourrait se produire, permettant aux individus d’apprendre à mieux gérer ces situations. Fermer les volets pendant la journée ou fractionner le sommeil peut aider à atténuer les effets de la chaleur sur les capacités cognitives.
Source : Franceinfo.
