La prison est une véritable poudrière : jusqu’à 50 degrés dans les cellules en pleine canicule
Dans les prisons françaises, la chaleur caniculaire fait monter les tensions, exacerbées par la surpopulation. À Avignon-Le Pontet et aux Baumettes à Marseille, les conditions de travail difficiles aggravent la situation. Alors que détenus et surveillants suffoquent, syndicats et associations alertent sur des conditions de détention alarmantes.
Les fortes chaleurs s’ajoutent à la surpopulation carcérale et à la vétusté des bâtiments, créant un environnement propice aux conflits. Clément Lopez, secrétaire local FO à Avignon-Le Pontet, souligne que les agents portent des gilets pare-lame et des rangers sous des températures souvent supérieures à 35 degrés. Dans cette prison, plus de 140 matelas sont désormais au sol, entraînant un taux d’occupation de 163 %. Ce phénomène n’est pas isolé, car la même situation est observée aux Baumettes.
Jean-Claude Mas, directeur de l’Observatoire international des prisons (OIP), avertit que la canicule amplifie les conditions de détention déjà dégradées. Des témoignages recueillis par l’OIP indiquent que certaines cellules peuvent atteindre des températures extrêmes, jusqu’à 50 degrés, tandis que les nuits restent autour de 30 degrés.
Les conséquences de cette chaleur sont préoccupantes. Au Pontet, Clément Lopez note que la population pénale devient de plus en plus agressive, avec une augmentation des incidents violents. « Chaque ouverture de cellule devient une agression potentielle, » déclare-t-il. Catherine Forzi, secrétaire locale FO Justice des Baumettes, ajoute que l’accumulation de chaleur et de promiscuité rend la situation explosive.
Pour atténuer la chaleur, des mes limitées sont mises en place, comme l’accès aux douches et des ventilateurs. Cependant, ces solutions sont jugées insuffisantes. « Même avec quatre ventilateurs par cellule, cela ne fait que brasser de l’air chaud, » souligne Forzi. De plus, l’absence de climatisation, en raison de contraintes architecturales, complique la situation.
Jean-Claude Mas propose des solutions comme la désincarcération pour des détenus vulnérables, mais il déplore l’inaction du gouvernement face à ces alertes. « Nous avons averti à plusieurs reprises. Il est temps que le gouvernement prenne des mes concrètes pour respecter les droits fondamentaux, » conclut-il.
La situation dans les prisons françaises, déjà tendue, devient critique sous l’effet de la chaleur estivale. Les personnels et les détenus se retrouvent dans une spirale de souffrance et de violence, rendant urgent un changement de politique pénitentiaire.
Source : France 3 Provence Alpes



