La canicule revient, il fallait commencer maintenant : les vendanges au domaine de Rieucoulon à Montpellier
Les vendanges ont débuté ce mardi 11 août au domaine de Rieucoulon à Montpellier. Malgré une récolte précoce en raison de la sécheresse, le vigneron Benoît Lacombe espère atteindre cinq tonnes de raisins par hectare pour asr la rentabilité de son exploitation.
Il est six heures du matin lorsque Benoît Lacombe, l’un des derniers vignerons de Montpellier, supervise la récolte. Cette année, la maturation des raisins a été accélérée par la chaleur, entraînant des grains plus petits. « C’était une année compliquée. La pluie de décembre avait pourtant bien lancé la saison, mais la sécheresse a changé la donne », explique-t-il. Cependant, il se réjouit de l’absence de maladies sur ses plants, notamment le mildiou, qui se développe uniquement par temps humide.
Pour récolter à la fraîche, Benoît a loué une machine à vendanger, une nécessité pour sa parcelle de 22 hectares. « C’est plus strict pour les raisins blancs que pour les rouges. Avec la canicule annoncée, il fallait commencer maintenant », précise-t-il. La machine permet de récolter tôt le matin, ce qui est crucial pour le raisin blanc, très sensible à l’oxydation.
Cette année, Benoît vise une production de cinq tonnes de raisins par hectare. Il estime que ses pertes de raisins blancs pourraient atteindre 30 % de sa production totale. « Si nous avons de la pluie dans les quinze prochains jours, cela pourrait aider un peu pour les rouges », s’inquiète-t-il. Les températures élevées stressent les vignes, qui peuvent alors stopper leur métabolisme.
Tout au long de l’année, le vigneron adapte ses pratiques à la chaleur. Il « rogne » les vignes pour éviter qu’elles ne transpirent trop. « C’est la seule chose que l’on puisse faire, car nous n’irrigons pas », ajoute-t-il. Grâce aux techniques développées dans les années 80, il parvient à produire des raisins blancs, autrefois difficiles à cultiver dans la région.
Au terme de cette matinée, huit tonnes de sauvignon et de pinot ont été récoltées. Le degré alcoolique du sauvignon est estimé à 12 degrés. Benoît prévoit une mise en bouteille courant mars.
Concernant l’avenir, Anne-Laure Borras, présidente des vins AOP Languedoc, a indiqué que les premiers blancs, comme le grenache, seront vendangés la semaine prochaine. Elle souligne que, malgré les variations climatiques, le millésime 2026 s’annonce prometteur.
Source : Midi Libre – TOM SERRANO.


