Reportage : « Comme si on avait donné un coup de chalumeau » : en Loire-Atlantique, les cultures des viticulteurs et des maraîchers déjà grillées par la canicule
Publié le 06/07/2026
Les canicules se succèdent et aggravent la situation des agriculteurs de Loire-Atlantique. Les récentes vagues de chaleur ont brûlé les vignes, les salades et les poireaux, laissant des exploitants dans l’incertitude. Certains d’entre eux tentent de s’adapter à cette nouvelle réalité climatique.
La semaine du 6 au 12 juillet, Météo-France prévoit une nouvelle hausse des températures, une mauvaise nouvelle pour les agriculteurs déjà affectés par les conditions climatiques extrêmes. Fin juin, des températures de 42 degrés à l’ombre ont littéralement grillé les cultures. Hugues Brochard, viticulteur à Maisdon-sur-Sèvre, témoigne des dégâts infligés à ses vignes : « Ça, ça ne donnera plus rien. C’est comme si on avait donné un coup de chalumeau sur le raisin. Il devient tout rouge et tout séché, et c’est fini. »
Bien que la pluie n’ait pas été observée depuis le 20 mai, M. Brochard souligne que le manque d’eau n’est pas encore le problème principal. « Pour moi, ce n’est pas la sécheresse. Ça va le devenir, mais pour l’instant, c’est plutôt le coup de soleil », explique-t-il. Il estime que son vignoble pourrait perdre jusqu’à 20 % de la récolte attendue.
Les vendanges, traditionnellement prévues fin septembre, pourraient avoir lieu dès le 15 août cette année, une avance significative qui pourrait compliquer la situation si la sécheresse persiste. « Je n’ai jamais vu une récolte arriver aussi vite », ajoute-t-il.
Le maraîchage ne s’en sort pas mieux. À La Planche, Régis Chevallier, qui exploite 70 hectares, constate des pertes sévères. « Un poireau qui a pris chaud, c’est exactement ça. La première feuille a grillé à 80 %, il faut l’enlever », souligne-t-il. Les jeunes pousses de salade n’ont même pas levé, malgré des arrosages. « On a eu quatre jours à 45 °C et tout est cramé », déplore-t-il.
Régis Chevallier, qui emploie 14 saisonniers et 8 personnes en CDI, doit envisager des réductions d’heures de travail pour ses employés, une situation inédite dans son exploitation. « On évoque du chômage technique chez nous. Je n’ai jamais fait ça », confie-t-il.
Pour s’adapter à ces conditions extrêmes, M. Chevallier mise sur des serres équipées de filets d’ombrage, qui protègent certaines cultures du soleil brûlant. « Si je n’avais pas d’abri, la mâche serait détruite. C’est moins pire qu’en plein champ », conclut-il.
Ce phénomène de canicule, qui semble s’intensifier, pose un défi majeur aux agriculteurs de la région. Les conséquences sur la production alimentaire sont préoccupantes, alors que les exploitants cherchent des solutions durables pour faire face à un climat de plus en plus hostile.
Source : Franceinfo
