Canicule au travail : la CGT tire la sonnette d’alarme
Depuis le décret du 27 mai 2025, les employeurs sont tenus de prendre des mes spécifiques lors des épisodes de chaleur intense. Cependant, les remontées des syndicats révèlent que ces obligations sont souvent insuffisamment respectées. De nombreux salarié·es continuent de travailler dans des températures néfastes pour leur santé. Face à cette situation, les organisations de la CGT intensifient leurs interventions et interpellent les employeurs, entraînant parfois des mobilisations sur les lieux de travail.
Dans le secteur du bâtiment, la fédération de la construction souligne que le décret sur le travail par fortes chaleurs, bien qu’il constitue une avancée, ne répond pas à l’intensification des vagues de chaleur. Récemment, de nombreux cas de mise en danger des salariés ont été rapportés. À Issoire, des ouvriers ont signalé des malaises et des vertiges malgré des horaires aménagés. Sur le chantier du Grand Paris Express à Nanterre, un terrassier est décédé suite à un malaise au travail. La fédération demande désormais un véritable statut du risque chaleur, incluant l’arrêt des activités les plus exposées et des garanties de rémunération.
Dans l’industrie, notamment dans les secteurs du verre et de la céramique, la CGT réclame l’ouverture de négociations pour établir des droits minimaux face à la chaleur. À l’usine Stellantis de Mulhouse, un préavis de grève a été déposé en raison de températures atteignant jusqu’à 40 °C. À Châteaubriant, des syndicats ont lancé un « débrayage climatique » pour revendiquer des adaptations des conditions de travail.
Le secteur de la culture n’est pas épargné, avec des appels à des formations spécialisées pour remonter les situations dangereuses. La CGT des Musées nationaux a dénoncé des consignes inadaptées en période de canicule, tandis que dans le spectacle vivant, les annulations dues à la chaleur impactent les revenus des artistes.
Dans l’éducation nationale, la CGT Éduc’action souligne l’inadaptation des établissements scolaires face aux fortes chaleurs, appelant à des mes d’urgence et à un plan d’investissement pour adapter les infrastructures.
Les établissements de santé, tels que l’hôpital Lyon Sud, ont également été alertés sur des conditions de travail indignes, avec des chambres dépassant les 35 °C. Ces situations mettent en lumière les effets du sous-investissement dans le secteur public.
Enfin, dans les transports, les cheminots ont appelé à la grève face à des conditions de travail insoutenables. La CGT a demandé des mes de protection adaptées aux températures extrêmes, tant pour les cheminots que pour les usagers.
La CGT appelle à une adaptation du droit du travail aux réalités du changement climatique, suggérant d’inscrire des températures maximales de travail dans le Code du travail et d’imposer l’arrêt des travaux en extérieur lors des canicules.
Source : CGT
