Canicule : Pourquoi certains réacteurs nucléaires doivent s’arrêter en cas de fortes chaleurs ?
Lors des épisodes de canicule, la température de la Garonne, qui alimente la centrale nucléaire de Golfech, atteint des niveaux préoccupants. EDF est donc contraint d’adapter sa production pour éviter un échauffement excessif du fleuve. Chaque site nucléaire a des seuils réglementaires spécifiques, et à Golfech, la température critique est fixée à 28°C. Si ce seuil est dépassé, la production doit être réduite ou arrêtée pour protéger l’écosystème aquatique.
Cette situation n’est pas synonyme de panne ou de risque d’accident, mais plutôt d’une me préventive visant à préserver l’environnement. Golfech a déjà connu des réductions de production ou des arrêts lors de précédentes vagues de chaleur, en 2020, 2022, 2024 et 2025.
Une centrale nucléaire, fonctionnant comme une immense machine à vapeur, a besoin d’une source d’eau froide pour refroidir la vapeur générée par la fission de l’uranium. En période de canicule, le réchauffement de la rivière complique cette tâche. Si la centrale rejette de l’eau plus chaude, cela peut entraîner une augmentation de la température en aval, nuisant à la faune aquatique, car l’eau chaude contient moins d’oxygène.
Lorsque la température de la Garonne approche le seuil réglementaire, EDF commence par réduire la puissance du réacteur pour diminuer la chaleur à évacuer. Si cette me est insuffisante, un arrêt temporaire peut être mis en place. Ce seuil de 28°C est particulièrement surveillé durant les mois d’été.
Des précédents montrent que Golfech a dû faire face à ces contraintes par le passé. En août 2020, un réacteur a été arrêté pendant plusieurs jours en raison de la température élevée de la Garonne. De même, en août 2022, la production a été impactée lorsque le fleuve a dépassé les limites habituelles. En juillet-août 2024, la production a été réduite de près de 1 gigawatt, et fin juin 2025, un réacteur a été mis à l’arrêt alors que la Garonne frôlait les 28°C.
À l’échelle annuelle, ces limitations de production restent généralement faibles. Cependant, lors de canicules prolongées, elles peuvent perturber l’équilibre du réseau électrique, surtout en période de forte demande due à l’utilisation accrue de la climatisation. Avec le changement climatique, ces situations pourraient se multiplier, soulignant la dépendance des centrales nucléaires à une eau suffisamment fraîche pour fonctionner efficacement.
Source : EDF
