Désinfox. Canicule : à la télé, les cartes météo sont-elles vraiment trop rouges (et plus qu'avant) ?

Canicule : à la télé, les cartes météo sont-elles vraiment trop rouges ?

La question des cartes météorologiques de plus en plus « rouges » lors des vagues de chaleur est devenue un sujet récurrent parmi les climatosceptiques. Ces derniers affirment que les médias, notamment les chaînes de télévision, auraient tendance à dramatiser la situation pour effrayer le public, attirer l’audience, ou même justifier de nouvelles taxes.

Depuis le début de l’épisode caniculaire inédite en mai 2023, des critiques se sont intensifiées concernant la présentation des cartes météo. Ces dernières, jugées trop rouges, sont accusées de contribuer à la dramatique de l’événement. Le rouge, couleur associée au danger, exacerberait ainsi la perception des températures élevées.

Guillaume Séchet, météorologiste sur BFMTV, a répondu à ces accusations sur les réseaux sociaux. Il explique que les cartes de sa chaîne utilisent des couleurs basées sur l’écart aux normales saisonnières, et non pour dramatiser. Le rouge indique des températures supérieures aux normales, tandis que le bleu représente des températures inférieures. Avec l’augmentation des périodes plus chaudes ces dernières années, les cartes affichent effectivement plus de rouge.

En outre, plus l’écart par rapport aux normales est important, plus la carte est rouge. Par exemple, une température de 35°C en mai apparaîtra plus rouge qu’en août. Séchet souligne également que les couleurs des cartes ont évolué pour refléter les moyennes saisonnières, et non une échelle de température fixe. Les traitements automatiques de données, qui n’existaient pas il y a 30 ou 40 ans, expliquent cette évolution.

Concernant l’idée que les médias utiliseraient des cartes plus rouges pour imposer des taxes écologiques, cette théorie est contestée. Selon Météo-ville, la charte graphique de TF1 n’a pas changé depuis le début du siècle. Ce ne sont pas les cartes qui ont évolué, mais les températures elles-mêmes. Par exemple, une température de 23°C fin juillet, qui était représentée en orange en 2002, apparaît désormais en bleu en 2023, en raison de l’augmentation des moyennes saisonnières.

Les tensions autour des sujets climatiques ont également conduit à des attaques personnelles contre les météorologistes. Des scientifiques comme Christophe Cassou et Serge Zaka ont récemment dénoncé des menaces et des insultes reçues sur les réseaux sociaux en raison de leurs travaux sur le climat. Zaka a rappelé que le nombre de canicules a été multiplié par quatre depuis 2000, et que le nombre de jours au-dessus de 30°C a considérablement augmenté.

En somme, il est logique que les cartes météorologiques soient aujourd’hui plus souvent rouges que bleues, en raison des changements climatiques avérés.

Source : Le Progrès

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