Cancer du sein métastatique : des « tumeurs sur puce » pour mieux choisir les traitements
Une nouvelle technologie miniature, développée par des équipes françaises de l’Institut Curie et du CNRS, pourrait révolutionner le choix des traitements pour les patientes atteintes d’un cancer du sein métastatique. Ces « tumeurs sur puce » sont capables de reproduire en laboratoire certaines caractéristiques des tumeurs des patientes.
Avec plus de 61 000 nouveaux cas en France en 2023, le cancer du sein représente le premier cancer et la première cause de décès par cancer chez les femmes. Cette maladie hétérogène évolue rapidement, et au stade métastatique, il existe peu de biomarqueurs pour orienter le choix de traitement. L’enjeu est donc de proposer plus rapidement des traitements adaptés, d’éviter des thérapies inefficaces et de mieux tenir compte de la diversité des tumeurs.
Pour répondre à ce défi, les chercheurs ont développé des modèles de tumeurs en trois dimensions. Alors que certaines méthodes reposent sur des organoïdes ou des cellules tumorales implantées chez l’animal, ces techniques peuvent nécessiter plusieurs semaines, un délai souvent incompatible avec les besoins des patientes. Le Dr Stéphanie Descroix, directrice de recherche au CNRS, souligne que les « tumeurs sur puce » apportent une solution rapide.
Ces modèles en 3D, dérivés de cellules des patientes, répliquent la diversité de l’écosystème tumoral ainsi que les paramètres physico-chimiques des tissus. Fabriqués grâce à la microfluidique, ils permettent de faire circuler de très faibles quantités de liquide dans des canaux microscopiques, créant un environnement proche de celui des tissus. Les résultats obtenus sur ces puces ont été comparés à ceux d’une méthode de référence utilisant des xénogreffes. L’étude a révélé que les tumeurs sur puce ont produit des résultats concordants dans 88 % des cas pour l’évaluation de la sensibilité aux traitements et dans 91 % des cas pour l’évaluation de la résistance, le tout en seulement quatre jours.
Cette approche pourrait mener à une médecine adaptative, ajustant les choix thérapeutiques aux caractéristiques spécifiques de chaque tumeur et patiente. Toutefois, une validation de ces résultats dans un essai clinique est nécessaire avant d’intégrer cette technologie dans la pratique quotidienne.
Source : Institut Curie

